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Chine: une militante contre les expropriations abusives et son mari jugés à Pékin

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Le procès, ouvert en matinée dans un tribunal de l’ouest de Pékin avec une forte présence policière, s’est terminé en début d’après-midi sans l’annonce du verdict, repoussée à une date non précisée. De nombreux diplomates et journalistes étrangers se trouvaient devant le tribunal.

Dong Jiqin et Ni Yulan –qui se déplace en fauteuil roulant depuis une précédente détention– avaient été arrêtés en avril alors que des dizaines de militants voyaient leurs libertés restreintes ou supprimées par des autorités chinoises inquiètes des risques de propagation de la révolte du printemps arabe.

Un porte-parole du tribunal a indiqué que Ni et Dong avaient été accusés de « provoquer des troubles », de « détruire des biens publics et privés » et « d’abuser d’autres personnes de manière répétée avec des circonstances aggravantes ». « Ni Yulan a également été accusée de fraude et de fabrication de faits », a poursuivi devant la presse, à l’extérieur du tribunal, le porte-parole qui a refusé de donner son nom.

L’avocat du couple, Me Cheng Hai, a indiqué aux journalistes que Ni et Dong avaient plaidé non coupable.

Pendant presque toute la durée du procès — quatre heures — Ni, 51 ans, a été allongée sur une civière en raison de son état de santé, a précisé Me Cheng. « Quand j’ai vu mes parents, d’abord j’étais contente », a déclaré la fille du couple, Dong Xuan, qui a témoigné au procès, « mais je me suis sentie malheureuse quand j’ai vu ma mère allongée ».

Dong n’avait pas été autorisée à revoir ses parents depuis leur arrestation au printemps.

Ni « a été détenue si longtemps, vous pouvez voir tous les policiers qui sont ici. Cela a été une procédure légale anormale. Alors je pense qu’il y a un grand risque qu’elle soit jugée coupable », a ajouté la jeune femme. Ni et Dong ont apporté une assistance légale à de nombreuses familles victimes d’expropriations en Chine. Ils avaient entamé leur bras de fer avec les autorités en 2001, après que leur maison de Pékin eut été promise à la démolition.

Amnesty International a appelé les autorités à relâcher le couple. Selon l’organisation de défense des droits de l’Homme, Ni a eu les rotules et les pieds brisés lors de sa détention en 2002, ce qui explique qu’elle en soit réduite à se déplacer depuis en fauteuil roulant. « Les autorités chinoises ont rendu la vie de Ni Yulan insupportable, la soumettant à la détention et aux brutalités qui l’empêchent désormais de marcher », a déclaré Sam Zarifi, directeur Asie-Pacifique d’Amnesty International, dans un communiqué.

Contrairement à son époux, Ni a déjà eu affaire à la justice chinoise.

Ayant reçu une formation d’avocate, elle avait été condamnée à un an de prison en 2002 pour « obstruction d’affaires officielles » puis à deux ans en 2008 pour « dommages à des biens publics » — alors qu’elle tentait de protéger sa maison de la démolition. Elle a été rayée du barreau en 2002 et le couple assure n’avoir pas reçu de compensations pour la destruction de sa demeure.

Vendredi dernier, un tribunal du sud-ouest de la Chine a condamné le dissident et écrivain Chen Wei à neuf ans de prison pour « incitation à la subversion du pouvoir de l’Etat ».

Un autre dissident chinois connu, Chen Xi, qui avait participé au mouvement démocratique de Tiananmen en 1989, a été condamné lundi dernier, également pour subversion, à dix ans de prison au terme d’un procès express, dans le sud-ouest de la Chine lui aussi.

L’accusation de subversion est fréquemment utilisée pour faire taire les dissidents en Chine, comme le lauréat 2010 du prix Nobel de la paix Liu Xiaobo, condamné l’année précédente et qui purge actuellement une peine de 11 ans derrière les barreaux.

AFP_______________

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