Conférence à Rabat sur l’apport des nouveaux partis à la démocratie

Conférence à Rabat sur l’apport des nouveaux partis à la démocratie

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Lors de cette rencontre organisée par l’Ecole supérieure de gestion, le membre fondateur du Parti Authenticité et Modernité, M. Habib Belkouch, a indiqué que la création de formations politiques est une disposition constitutionnelle consacrant le pluralisme dans lequel s’est engagé le Maroc à l’aube de l’indépendance et versant directement dans le raffermissement de la démocratie.

La question primordiale qui se pose est celle de la désaffection politique et électorale, a-t-il dit, relevant que la naissance du Mouvement pour tous les démocrates et la dynamique déclenchée par cet acte au sein du paysage politique tendaient à créer une nouvelle donne redonnant confiance aux citoyens en l’utilité de l’action politique.

M. Belkouch a estimé que ce qui doit primer est la consolidation de la participation des citoyens en vue de barrer la route devant ceux utilisant les élections à des fins personnelles.

Pour sa part, le secrétaire général du Parti du Progrès et du Socialisme, M. Nabil Benabdallah, ne voit aucune objection à l’émergence de nouvelles formations, considérant que le défi majeur est de savoir comment organiser ce paysage et faire respecter les règles du jeu politique.

M. Benabdallah a critiqué le phénomène de transhumance politique qui est une sorte de trahison du contrat liant l’élu à son parti et à ses électeurs, soulignant que l’immunisation du champ politique et la poursuite de la mise en oeuvre du projet sociétal démocratique moderniste exige « un retour aux fondamentaux et aux alliances à l’origine de ce projet », dans une allusion au pacte entre les formations de la Koutla démocratique.

Le secrétaire général du Parti de la Justice et du Développement, M. Abdelilah Benkirane, a également stigmatisé la transhumance qui a jeté son ombre dernièrement sur la scène politique, l’assimilant à « un exode collectif » de parlementaires apolitiques.

Aux yeux du chef du PJD, la raison de la désaffection est le fait que « la politique est devenue une source d’enrichissement chez beaucoup de gens ».

De son côté, M. Habib El Malki, membre du bureau politique de l’Union socialiste des forces populaires, a insisté sur la mise au point de nouveaux instruments du militantisme politique à travers la consolidation de l’indépendance des partis et leur adhésion à la dynamique sociale.

Il a fait part de l’importance de l’ouverture des partis de la Koutla -sans lesquels la transition consensuelle n’aurait pas été possible- sur les autres forces démocratiques et la poursuite des efforts pour la constitution d’un pôle de gauche, dans le souci d’accélérer les réformes en cours dans le Royaume.

Le membre du comité exécutif du Rassemblement national des indépendants (RNI), M. Mohamed Aujjar, s’est dit, quant à lui, favorable à la création de nouveaux partis politiques, à condition de respecter le verdict des urnes dans des élections transparentes, estimant que le combat à livrer est celui diriger contre « les lobbys de corruption » et « ceux agissant en dehors des institutions du pays ».

Evoquant le scrutin législatif de 2012, M. Aujjar a exhorté les partis à faire preuve d’audace en se rassemblant dans le cadre de pôles avant même la tenue de cette élection, appelant à une large consultation pour en faire une étape pour une véritable transition démocratique.

Intervenant pour sa part, Mme Nabila Mounib, membre du bureau politique du Parti Socialiste Unifié, a montré du doigt une série de dysfonctionnements de la vie politique nationale, notamment « les alliances contre-nature » qui trahissent une course pour les sièges sans plus.

Elle a aussi critiqué la disposition juridique conditionnant le financement des partis à l’obtention de 5 pc des voix, estimant qu’il existe des partis porteurs de véritables projets sans bénéficier des subventions de l’Etat.

 

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