Conflit du Sahara Marocain : Quelle (s) solution (s) ?

Conflit du Sahara Marocain : Quelle (s) solution (s) ?

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Les différents protagonistes restent fermement attachés aux principes qu’ils défendent depuis le début. Le Polisario et l’Algérie affirment le principe du droit des peuples à l’autodétermination. Le Maroc affirme de son côté avec la même force le principe de l’intégrité territoriale et des liens historiques. Chacun campe sur ses positions. Mais la conséquence qui en résulte est le blocage et le statu quo et ce, depuis 36 ans.

Il est tout à fait clair aujourd’hui que cette situation d’enlisement et de pourrissement au Sahara n’arrange plus personne.

Il est donc nécessaire d’explorer toutes les pistes possibles en vue de parvenir à une solution juste et durable ; il faudra trouver les moyens susceptibles de créer un climat de véritable confiance entre les 3 parties concernées, de débloquer la situation et de résoudre ce conflit qui hypothèque l’avenir des pays du Maghreb.

Encore faut-il que le Polisario et l’Algérie veuillent bien jouer le jeu et acceptent de négocier de bonne foi avec le Maroc.

Alors que le Maroc a proposé son plan d’autonomie, qualifié par le conseil de sécurité et les grandes puissances de sérieux et de crédible, la position de l’Algérie et du Front Polisario est restée figée et se limite à un seul point : Appliquer un référendum d’autodétermination.

La position du Maroc est claire : Autonomie du Sahara dans le cadre de la souveraineté marocaine. En d’autres termes, le statut futur du Sahara devrait être une formule intermédiaire entre l’intégration pure et simple et l’indépendance.

Si référendum il devait y avoir, il ne porterait que sur l’approbation ou le rejet par la population du Sahara du statut d’autonomie.
«  Le projet Marocain d’autonomie incarne un point d’orgue où tendent et convergent toutes les solutions auparavant exprimées ou avancées. Après une longue maturation, le projet marocain d’autonomie est sorti du moule de la réflexion sociologique afin de synthétiser les positions divergentes des protagonistes, puis les fédérer autour d’une solution médiane. Son élasticité, sa flexibilité, lui permettent d’intégrer toutes les dimensions du conflit saharien et de les fondre dans une vision dynamique. » (Centre d’Etudes Internationales).

La question qui se pose est la suivante : Outre le projet d’autonomie, que peut offrir de plus Rabat à Alger et au Front Polisario pour que ces derniers acceptent de reconnaître la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental ?

Si l’on veut persuader l’Algérie et le Polisario de ne plus refuser au Maroc leur reconnaissance de sa souveraineté sur le territoire du Sahara, il faudra faire en sorte que les négociations portent sur ce que le Maroc peut présenter comme garanties aux deux autres qui satisferait leurs exigences essentielles.

Ainsi, le Maroc devra satisfaire l’Algérie sur trois points : le principe  de l’intangibilité des frontières héritées de la période coloniale, l’équilibre stratégique entre les deux pays et le besoin pour l’Algérie d’honorer ses engagements envers le Front Polisario.

1.    Le Maroc devra régler la question de sa frontière avec l’Algérie et accepter toute garantie internationale qui pourrait être exigée concernant cette frontière.

2.    Si la récupération du Sahara par le Maroc a permis à ce dernier la nette amélioration de l’équilibre stratégique à son bénéfice, il faudra trouver une façon de rassurer Alger dans une certaine mesure, éventuellement par un traité sur la sécurité régionale ainsi que par des traités sur la coopération économique.

3.    Le Maroc devra reconnaître que l’Algérie ne peut accepter un règlement bilatéral aux dépens du Polisario sans subir de graves dommages à sa propre position diplomatique.

Le Maroc devra donc faire une offre raisonnable au Polisario qui permettrait à l’Algérie d’accepter un compromis sans déshonorer son engagement envers le Polisario.

Le Maroc devra aussi et surtout persuader le Front Polisario d’abandonner son objectif d’un Sahara indépendant en échange d’une forme d’autonomie dans le cadre de la souveraineté marocaine.
Pour ce faire, il faudra certainement réunir les trois conditions suivantes :

•    Le territoire qui accéderait à l’autonomie dans le cadre de la  souveraineté du Maroc devrait se limiter au Sahara occidental, et n’engloberait pas les autres provinces du sud du Maroc d’avant 1975 et leurs populations

•    Rabat devrait non seulement reconnaître le Front Polisario en tant qu’organisation politique légale, mais aussi accepter que celui-ci assume le pouvoir politique au sein du gouvernement de la région autonome s’il obtenait un mandat électoral.

•    Tout accord négocié avec le Front Polisario devrait bien sûr inclure impérativement le retour chez eux au Sahara de tous les réfugiés Sahraouis qui résident actuellement en Algérie et ailleurs, avec la garantie qu’ils pourront recouvrer tous leurs droits civils et politiques.

Aboutir à un règlement négocié de ce genre ne sera pas chose facile. Etant donnée l’amertume qui s’est développée tout au long de ce conflit, les parties concernées devront prendre des distances par rapport à leurs positions traditionnelles et faire preuve d’une grande habileté et d’une grande sagesse politiques.

Le plan d’autonomie proposé par le Maroc ne lèse aucune partie, et représente une solution appropriée à même de résoudre définitivement ce conflit qui n’a que trop duré, et offre à toutes les parties concernées une porte de sortie honorable où il n’y a ni vainqueur ni vaincu.

L’Algérie et le Polisario savent pertinemment  que la nation marocaine ne renoncera jamais au Sahara, celui-ci constituant l’un des socles de son unité, au même titre que la monarchie et la religion musulmane sunnite dans son rite Malékite.

Les dirigeants algériens et ceux du Polisario sauront-ils enfin saisir cette opportunité historique ou bien continueront-ils, les premiers à s’accrocher à leur vision bismarckienne, les seconds à leur rêve chimérique d’une république sahraouie?

L’Algérie et le Polisario pourront-ils enfin comprendre que l’heure n’est plus à la création de nouveaux Etats, mais bien au contraire, à l’intégration régionale ?
Toute la question est là !

AHMED  ADDOU______________

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