CONSTITUTION : UNE VRAIE EXCEPTION MAROCAINE DANS LE MONDE ARABE

CONSTITUTION : UNE VRAIE EXCEPTION MAROCAINE DANS LE MONDE ARABE

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On peut aisément d’ores et déjà parier sur une adhésion massive des électeurs à un texte fondateur d’une nouvelle phase importante de l’histoire du pays tant par le contenu de cette loi fondamentale que par sa portée symbolique. En ce qui concerne la séparation des pouvoirs, il est clair que cette nouvelle donne constitue un cas d’exemple pour l’ensemble du monde arabe. Rarement un chef arabe ou quasiment jamais n’a été aussi loin en octroyant à un chef de l’exécutif un tel partage du pouvoir. Cette ouverture appelle pour autant à s’interroger à cette même occasion sur l’existence de profils relativement pointus au sein des formations politiques actuelles susceptibles d’accompagner la révolution à venir en endossant le costume d’un véritable président de conseil. A y regarder de très prêt aucun nom n’est en mesure actuellement de sortir du lot pour accomplir cette tache immense comme il se doit.

De même jamais un parlement dans ce même contexte régional n’aura eu autant d’attribution et d’élargissement de ses fonctions. Cette ouverture appelle également à une refonte en profondeur du système parlementaire et de ses mécanismes de travail législatifs afin qu’il puisse répondre avec rigueur et créativité à la mission qui lui est assignée. La fin de l’impunité permettra pour sa part d’assainir un temps soit peu les rangs de cette institution marqué au mieux par l’absentéisme et au pire par les profils douteux de certains de ses membres.

Si elle apparait comme inévitable et légitime, l’officialisation de la langue amazighe demeure pour une large partie de population un processus difficile à mener et pour lequel il faudra attendra deux ou trois générations pour le voir réellement aboutir. Car comment envisager l’exercice d’une fonction d’interlocuteur au sein de l’administration publique par des individus supposés avoir la maitrise des deux langues officielles ce qu’ils sont bien loin d’avoir dans ce cas d’espèce. Cette problématique laisse planer en effet beaucoup de doutes sur sa résolution prochaine et appelle de notre part à une grande dose de scepticisme.

Pour autant, les marocains sont appelés à vivre s’ils votent pour, sous l’ère d’une constitution qui fait d’eux des acteurs impliqués dans la prise de décision en choisissant eux-mêmes les responsables qu’ils veulent voir gérer les affaires du pays et à qui ils pourront désormais exiger des comptes ce qui met fin à une longue période de manque de clarification des rôles institutionnels. Et là aussi, il faudra laisser du temps au temps avant de voir des marocains jeunes et moins jeunes s’imprégner de cette nouvelle culture de la démocratie participative qui fait du Maroc un pionnier en la matière dans le monde arabe.

Ce grand changement n’a été possible que grâce à la volonté de Sa Majesté Mohamed VI qui dès le 9 mars dernier, date d’un discours historique avait jeté les jalons de ce nouveau cadre constitutionnel en lui fixant une feuille de route qui aboutira à l’adoption par une très large majorité à cette nouvelle constitution démocratique exemplaire appelée à renforcer les liens entre le trône et le peuple bien que le roi ait renoncé à une bonne part de ses prérogatives, un geste qui suscite déjà l’estime renouvelé de la communauté internationale pour le Maroc et ses institutions.

Au Maroc, le débat ne fait que commencer avec comme préalable une large campagne médiatique qui démarre sous l’impulsion des forces politiques. Il mérite d’être enrichi et complété grâce à la participation de tous les citoyens à qui il faut poser cette question : Cette nouvelle constitution va-t-elle les réconcilier avec la politique dont ils s’étaient éloignés ?

Jalil Nouri pour actu-maroc.com _________________

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