Construction de l’UMA : « la pierre d’achoppement reste toujours la sécurité » (El...

Construction de l’UMA : « la pierre d’achoppement reste toujours la sécurité » (El Ouahdoudi)

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Construction de l’UMA : « la pierre d’achoppement reste toujours la sécurité » (El Ouahdoudi)
Qu’attendez-vous de cette 11ème édition de la Convention France Marghreb ?

Nous attendons une plus grande audience au niveau des dirigeants des pays maghrébins, ainsi que de la France, pour construire ce fameux espace de marché commun maghrébin. Celui-ci est dans l’intérêt de chacun des pays du Maghreb, mais également de la France et de ses 5 millions de personnes originaires du Maghreb.
Concrètement, nous souhaitons stimuler les échanges aussi bien entre les entreprises qu’entre les Etats. Nous attendons également plus de transparence au niveau des statistiques économiques, car nous ne disposons pas d’une vue d’ensemble sur le potentiel de la région. Lorsque l’on regarde l’agglomération des chiffres, on voit apparaître des données très intéressantes, mais observés de façon isolés, ces chiffres donnent une vision moins positive…

Quel a été l’impact économique des printemps arabes sur les relations entre la France et le Maghreb ?

Il y a d’abord eu une surprise totale par rapport aux événements du printemps arabe. Ensuite, il y a eu une phase d’analyse où l’on s’est rendu compte que ce que l’on nommait « printemps arabe » n’était pas un vrai printemps. Les troubles actuels ne relèvent pas simplement de la transition, mais sont au contraire des mouvements de régression. Nous sommes donc aujourd’hui dans une grande interrogation quant à l’impact positif de ces révolutions.
Néanmoins, au sein de la Convention, nous restons optimistes. Dans une phase révolutionnaire, il est normal qu’il y ait des retours en arrière, mais il faudrait très vite que les pays concernés par ces changements se ressaisissent. Dans le cas de la Libye par exemple, le cheminement semble plutôt bien se passer, même si les armes continuent à circuler de façon importante. La Tunisie, elle, se cherche. Il y a des inquiétudes très fortes sur son avenir.
Pour l’Algérie, les élections de l’année prochaine vont être déterminantes pour connaître le choix des Algériens, quelle société ils souhaitent et quelle relation ils souhaitent construire avec le voisinage. Le Maroc, lui, a bien négocié, depuis longtemps, le virage de ces révolutions qui a même plutôt été un « booster » pour un pays en mouvement. Pour finir avec la Mauritanie, il y a un immense espoir sur les richesses de son sous-sol. La Mauritanie pourrait devenir un jour, pourquoi pas, un des dragons du Maghreb. Sa population n’est pas nombreuse et un triplement de la richesse de pays pourrait le propulser très vite au même rang que la Libye par exemple.

Le Roi Mohammed VI a récemment déclaré que l’intégration maghrébine était une nécessité stratégique et un impératif économique. Vous allez recevoir lors de la Convention des hauts responsables maghrébins : quelle place occupera la thématique de l’Union du Maghreb arabe (UMA) ?

Le roi du Maroc est cohérent et concret. Déjà très jeune, il avait rédigé son doctorat sur le thème des relations entre l’Union européenne et l’UMA. C’est donc pour le roi Mohammed VI une conviction profonde. Je pense aussi que les prochains dirigeants issus de la jeune génération, adepte de l’Internet, du numérique, du multimédia, auront moins de craintes à l’égard de l’ouverture de toutes les frontières. Cette génération saura aller de l’avant vers ce marché commun maghrébin qui est effectivement un horizon indispensable. Tout le monde en est convaincu, même les personnes qui sont les plus réticentes et qui ne peuvent l’assumer publiquement !
Aujourd’hui, nous avons mis le doigt sur le blocage, qui n’est pas au niveau intellectuel ou économique, mais au niveau sécuritaire. C’est pour cela que nous allons, lors de cette 11ème édition, lancer un appel pour que les organes qui assurent la sécurité des pays du Maghreb inaugurent un cycle de négociations, surtout de relations entre eux, pour trouver ensemble de règles pour assurer la sécurité et le mouvement des millions de maghrébins qui ne demandent qu’une seule chose, pouvoir voyager, échanger et dépenser de l’argent dans les différents pays du Maghreb. Nous appelons donc à une rencontre entre les responsables de la sureté et de la sécurité des pays du Maghreb pour qu’ils rénovent leurs concepts, modernisent leur vision et trouvent les moyens d’assurer cette sécurité qui est indispensable.
L’Union Européenne, le monde entier, ont tout intérêt à ce que cette région puisse vivre en paix et en sécurité. C’est sur cette thématique qu’il faut discuter, car par ailleurs, tous les corps sociaux du Maghreb – les cheminots, les docteurs, les entrepreneurs etc. – tous ont la volonté de coopérer. Mais la pierre d’achoppement reste toujours la sécurité. Nous allons donc mettre cette thématique en avant et œuvrer à la création d’un Sommet sur les questions de sécurité et de sûreté au Maghreb.

 

 

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