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« S’il est adopté, ce texte sera un tournant historique », a déclaré le président de la COP21, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, lors de la présentation aux délégués des 196 pays du projet final d’accord climatique censé limiter le réchauffement climatique.

« Nous voici donc presque au bout du chemin et sans doute au début d’un autre », a entamé M. Fabius, lors d’une réunion du « comité de Paris », l’assemblée qui chapeaute les négociations en cours depuis le 29 novembre dernier, avant de saluer les efforts immenses déployés ces dernières années, mois et jours pour parvenir à un accord climatique universel.

Au bord des larmes
Très ému, au bord des larmes, le ministre français a souligné que les travaux menés de jour comme de nuit dans leur phase finale, ont permis d’obtenir un projet d’accord de Paris « différencié, juste, durable, dynamique, équilibré et juridiquement contraignant ».

Le président de la COP21 a ensuite esquissé les grandes lignes de l’accord qui confirme l’objectif de rester « bien en-deça » d’une hausse de 2°C de la température mondiale, avec des efforts supplémentaires pour parvenir à un maximum d’1,5°C.

Le projet « confirme notre objectif central, vital même, de contenir l’augmentation de la température moyenne bien en-deçà de 2° et de s’efforcer de limiter cette augmentation à 1,5°, ce qui permettrait de réduire significativement les risques et les impacts liés au changement climatique », a déclaré le ministre français, très applaudi par les délégués réunis en séance plénière. Jusqu’ici la communauté internationale s’était, en 2010 à la COP de Cancun, engagée à garder la hausse du mercure « en-deçà de 2° ». « Bien en-deçà » serait donc un progrès, de même qu’une mention aussi claire de l’importance de garder le monde sous 1,5°.

Dans sa déclaration, entrecoupée d’applaudissements, Laurent Fabius a également indiqué que l’accord prévoit « un objectif à long terme ambitieux mais nécessaire », une coopération sur la thématique des « pertes et dommages » ainsi qu’un plancher de 100 milliards de dollars par an de financement climatique à destination des pays du Sud. Le texte contient en outre une actualisation tous les cinq ans des contributions nationales et un bilan collectif, également tous les cinq ans.

« Rentrer chez soi la tête haute »
« Ce texte constitue le meilleur équilibre possible, un équilibre puissant et délicat qui permet à chaque délégation de rentrer chez soi la tête haute », a résumé l’orateur.

Appelant encore les parties au sens du compromis et à ne pas rater un rendez-vous avec l’Histoire, le président de la COP21 a estimé que « le temps est venu de se concentrer non pas sur les lignes rouges mais sur les lignes vertes d’un compromis universel ».

En clôturant la réunion du comité de Paris, Laurent Fabius a convoqué une nouvelle réunion plénière à 15h45 qui pourrait adopter dans la foulée, par consensus, le projet d’accord climatique universel.

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