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Régulièrement accusée de détourner les yeux de la menace nucléaire nord-coréenne, l’administration Obama sonne désormais l’alarme après la dernière initiative de Pyongyang, un lancement de fusée spatiale pouvant servir à tester des composants de missiles intercontinentaux. Le président Obama a appelé son homologue sud-coréenne Park Geun-hye et le Premier ministre japonais Shinzo Abe pour les assurer de sa solidarité après le lancement ce week-end de la fusée, et le quatrième test d’une bombe nucléaire mené par Pyongyang début janvier.

Les deux chefs d’Etat sont convenus « de faire en sorte que le Conseil de sécurité de l’ONU puisse adopter une résolution sur des sanctions fortes et efficaces », a expliqué la Maison Bleue, la présidence sud-coréenne. Les Etats-Unis prendront « toutes les mesures nécessaires » pour tenir leur engagement inébranlable de défendre la Corée du Sud et ses autres alliés dans la région, a indiqué de son côté la Maison Blanche. Devant le Congrès américain, le coordonnateur du renseignement américain, James Clapper, a averti que le régime du Pyongyang était en passe de reconstituer des stocks de plutonium, nécessaires pour fabriquer des bombes atomique.

D’ici quelques « semaines ou mois », la Corée du Nord qui a redémarré un réacteur de son complexe nucléaire de Yongbyon pourra commencer à extraire du plutonium, a-t-il indiqué. Pyongyang par ailleurs cherché « à développer un missile nucléaire à long rayon d’action capable de menacer directement les Etats-Unis », même si ce missile, le KN08, n’a « pas été testé en vol », a-t-il également indiqué. Le tir de la fusée nord-coréenne, qui viole de multiples résolutions des Nations unies, sonne comme un nouveau défi pour la communauté internationale qui peine déjà à sanctionner Pyongyang après son quatrième essai nucléaire du 6 janvier.

Un projet de résolution sur de nouvelles sanctions rédigé par le Japon, la Corée du Sud et les Etats-Unis est débattu depuis le test nucléaire mais la Chine, principal alliée de Pyongyang, traîne les pieds. Pékin craint que des sanctions trop dures ne débouchent sur une instabilité qui pousserait un flot de réfugiés nord-coréen à franchir sa frontière.

Batterie antimissiles

Elle ne peut non plus accepter qu’un éventuel effondrement du régime nord-coréen permette l’avènement d’une Corée réunifiée alignée sur les Etats-Unis juste à sa porte. La Corée du Nord est déjà soumise à toute une panoplie de sanctions adoptées après ses trois précédents essais nucléaires, en 2006, 2009 et 2013. Un rapport de l’ONU recommande de renforcer l’application de ces sanctions, à l’efficacité jusqu’à maintenant douteuse. Il suggère aussi d’ajouter les drones de reconnaissance et leurs composants à la liste des produits qu’il est interdit de fournir à la Corée du Nord.

Washington et Séoul ont déjà convenu, immédiatement après le tir de la fusée nord-coréenne, de déployer en Corée du sud une batterie américaine antimissiles THAAD (Terminal High Altitude Area Defense), pour pouvoir intercepter un éventuel missile nord-coréen visant le voisin du sud. Une annonce militaire, mais qui est aussi destinée à faire pression sur la Chine pour qu’elle tape du poing sur la table face à son allié nord-coréen. La Chine est en effet farouchement opposée au déploiement du THAAD, qu’elle considère comme une menace pour sa propre dissuasion nucléaire. Le radar très puissant de THAAD (Terminal High Altitude Area Defense) pourrait servir à surveiller ses propres tirs de missile.

Malgré les efforts déployés par Pyongyang, les experts estiment que le régime nord-coréen n’a toujours pas l’expertise nécessaire pour produire un missile balistique capable d’atteindre le territoire américain. La fusée tirée ce week-end, qui transportait un satellite d’observation de la Terre, a atteint son orbite après 10 minutes de vol, selon la télévision officielle nord-coréenne. Sa portée est estimée à 12.000 kilomètres, contre 10.000 kilomètres pour le modèle précédent.

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