Corruption : une fatalité marocaine ?

Corruption : une fatalité marocaine ?

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Cet organisme  subsidiaire de l’ONG Transparency Maroc , a reçu ,pour prendre quelques exemples révélateurs, près de 536 plaintes qui après des démarches juridiques auprès des administrations concernées n’ont abouti qu’à une dizaine de réponses «  polies » de la part de ces dernières .

Ce centre d’écoute et d’orientation aux moyens limités voit ainsi sa mission rétrécir, comme peau de chagrin si l’on en juge par l’efficacité réduite de son rôle d’assistance puisque les plaignants se seront sentis abandonnés à leur sort devant des procédures complexes qui ont osé dénoncé des sollicitations pour devenir corrupteurs, chose qu’ils ont refusé d’être pour porter l’habit de valeureux justiciers ,mais voilà … la corruption a ses raisons que la raison ,il faut le croire ,ne connait que difficilement tellement cette invention de l’homme pour s’octroyer un droit ou une faveur relève d’une culture qui a ses règles et ses propre modus vivendi , un mode de fonctionnement souterrain et insidieux qui mine l’économie d’une société ,quand ce n’est pas la société elle-même.

Il en est de même pour le rapport de l’instance institutionnel en charge de la lutte contre la corruption, présentée par le très intègre et respecté Abdeslam Aboudrar, dont le rôle reste purement consultatif et dont le seul mérite aujourd’hui est de dresser des constats et faire des recommandations.

Une avalanche de chiffres et de faits condamnables et de recommandations qui demeureront lettre morte tellement cette honorable institution, une de plus, restera les mains liées, cantonnée dans le rôle impuissant et vain d’une simple caisse de résonnance de ce que tout le monde sait depuis des lustres sans que rien ne soit fait, elle-même reconnaissant que le phénomène de la corruption est loin d’être endigué et que bien au connaitre ; il s’amplifie de manière outrageante.

La meilleure preuve et la plus récente est la gravissime affaire de prévarication et de dilapidation des deniers publics relevés par la cour des comptes dans la gestion de l’ONDA, l’Office National des Aéroports, sous la direction de son ancien patron, Adbelhanin Benallou, limogé depuis. Cette affaire qui fait grand bruit et qui a été soumise au département de la justice, (une première, puisque les rapports de la cour des comptes n’avaient jamais connus des prolongements judiciaires) n’est que la partie visible de l’iceberg. Ce même rapport de la cour des comptes, les différentes et graves affaires de corruption avérées jamais sanctionnées à quelques exceptions prés, la mise en coupe réglée des biens publics ne sont, somme toute que des épisodes saisonniers, sans lendemain et sans effet réellement éradicateur.

De temps en temps, curieusement et habilement avant le mois du ramadan, des dossiers concoctés dans des antichambres occultes sont donnés an pâture aux journaux à sensation au grand bonheur de leur tirage et leurs ventes. Ainsi va ce combat désespéré contre la corruption au Maroc. A moins que…

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