Côte d’Ivoire: guerre civile en cas d’opération armée, menace le camp Gbagbo

Côte d’Ivoire: guerre civile en cas d’opération armée, menace le camp Gbagbo

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Dans le même temps, son isolement s’accroît de jour en jour: dimanche, son avion a été bloqué à l’aéroport franco-suisse de Bâle-Mulhouse, à la demande des « autorités légitimes » de Côte d’Ivoire, c’est-à-dire le camp de son rival Alassane Ouattara, selon le ministère français des Affaires étrangères.
Le porte-parole du gouvernement Gbagbo, Ahoua Don Mello, a dénoncé la décision « inacceptable » des dirigeants de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) de le renverser par la force s’il refuse de partir de lui-même.

Il l’a qualifiée de « complot du bloc occidental dirigé par la France », ex-puissance coloniale qui, avec la quasi-totalité du reste du monde, a reconnu la victoire d’Alassane Ouattara à la présidentielle de novembre. Elle va « exciter le patriotisme » des Ivoiriens si elle devait se concrétiser, selon lui.
Don Mello a pris bien soin de rappeler que son pays est « une terre d’immigration » où vivent et travaillent des millions de Ouest-Africains.

Car en dépit d’une décennie de crises politiques, en partie liées à la notion controversée « d’ivoirité » qui met en avant les Ivoiriens « de souche », la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao au fort potentiel de réserves pétrolières, reste une puissance économique dans la région.
Les dirigeants ouest-africains « savent que s’ils attaquent la Côte d’Ivoire de l’extérieur, ça va se transformer en guerre civile à l’intérieur », a prévenu Don Mello, affirmant ne pas « du tout » croire à l’hypothèse de l’intervention militaire.

Une mission de la Cédéao dirigée par trois chefs d’Etat – Boni Yayi (Bénin), Ernest Koroma (Sierra Leone) et Pedro Pires (Cap-Vert) – est attendue mardi à Abidjan. Ils présenteront à Gbagbo « le message » de la Cédéao, en privilégiant « une sortie de crise par le dialogue », selon Jean Marie Ehouzou, ministre béninois des Affaires étrangères.

Ils seront accueillis « en amis, en frères », a affirmé dimanche Emile Guiriéoulou, ministre de l’Intérieur de Gbagbo, en précisant par avance que le président sortant n’avait pas l’intention de céder le pouvoir.
Un refus de sa part de laisser la place à Alassane Ouattara, ne pourra que radicaliser les positions de chacun, avec le risque d’une explosion de violences pires encore que celles dénoncées par l’ONU qui a parlé de 173 morts du 16 au 21 décembre.

Selon l’ONU, ces violences ont essentiellement pour origine un usage « excessif » de la force par les éléments armés restés loyaux à Gbagbo contre ses opposants ou supposés tels.
Les chiffres de l’ONU ont été contestés par Emile Guiriéoulou, selon lequel les violences ont fait depuis fin novembre 53 morts, dont 14 parmi les forces de l’ordre.

Presque seul contre tous, Gbagbo, soumis avec ses proches à des sanctions internationales, peut encore compter à l’extérieur sur le soutien de son fidèle allié angolais qui a démenti la présence de soldats en Côte d’Ivoire et dénoncé l’attitude internationale qui va conduire « inévitablement » ce pays à la guerre.

A l’intérieur, l’un des plus fidèles reste son ministre de la Jeunesse, Charles Blé Goudé, leader des « jeunes patriotes » qui mobilise ses militants en vue d’un immense rassemblement mercredi à Abidjan pour la défense de « la dignité et de la souveraineté » de son pays.

Les craintes de nouvelles violences poussent de plus en plus d’Ivoiriens à quitter leur pays. 14.000 l’ont déjà fait selon le Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) qui a accusé l’ex-rébellion des Forces nouvelles (FN) qui soutient Ouattara, de les empêcher de partir, ce que les FN ont démenti.
Selon le gouvernement Gbagbo, ces Ivoiriens fuient « les exactions » commises dans les zones du nord du pays tenues par les FN.

AFP

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