Côte d’Ivoire: la Commission réconciliation au chevet d’un pays meurtri

Côte d’Ivoire: la Commission réconciliation au chevet d’un pays meurtri

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Symbole: la Commission dialogue, vérité et réconciliation (CDVR) sera intronisée à Yamoussoukro, capitale politique fondée par Félix Houphouët-Boigny (au pouvoir de 1960 à 1993), « père de la Nation » et d’un « miracle ivoirien » d’autant plus vénéré aujourd’hui que le pays a sombré dans l’abîme au fil des ans.
« Nous avons besoin de connaître la vérité, même si elle n’est pas belle », plaidait mi-septembre le président de la commission, l’ex-Premier ministre Charles Konan Banny, dignitaire de l’alliance pro-Ouattara.

 

Parmi les 11 membres de la CDVR figurent notamment un religieux chrétien et un musulman, et cinq représentants des grandes régions du pays.

La présence au premier coup de sifflet du « numéro 11″ de la commission, la star du foot Didier Drogba, incarnant les Ivoiriens de l’étranger, restait incertaine, selon un proche.

Inspirée de celle qui fut mise en place en Afrique du Sud après la fin de l’apartheid, la CDVR, au mandat de deux ans, aura fort à faire après une décennie de tourmente, de coups d’Etat en violences politiques et parfois ethnico-religieuses, qui a culminé avec la crise post-électorale de décembre 2010-avril 2011.

Née du refus de l’ex-président Gbagbo de reconnaître sa défaite au scrutin du 28 novembre, la crise s’est conclue par deux semaines de guerre et a fait au moins 3.000 morts.

Si cette ex-colonie française longtemps enviée renoue progressivement avec la sécurité (malgré les dérapages de militaires des nouvelles Forces républicaines, les FRCI) et que son économie se redresse peu à peu avec l’aide internationale, la réconciliation apparaît comme le défi le plus délicat.
« Il y aura aussi le pardon »
D’autant que, pour le camp Gbagbo, cette promesse sans cesse réitérée par M. Ouattara est en contradiction avec les poursuites engagées contre l’ancien régime, tombé sous les coups de boutoir des ex-rebelles nordistes pro-Ouattara et surtout sous les bombardements de la France et de l’ONU.
Arrêté le 11 avril, Laurent Gbagbo lui-même, son épouse Simone et des dizaines d’autres responsables, civils et militaires, sont en détention provisoire, essentiellement dans le Nord, pour « crimes économiques » ou « atteinte à la sûreté de l’Etat ».

Le nouveau pouvoir ne cache pas qu’il espère être débarrassé au plus vite de l’ex-président par la Cour pénale internationale (CPI), qui n’a toutefois pas encore décidé d’enquêter sur la récente crise.
Mais les proches du chef d’Etat déchu ont demandé mardi à l’ONU la création d’une « commission internationale d’enquête » remontant jusqu’à septembre 2002 et au putsch manqué de la rébellion rangée par la suite derrière M. Ouattara.

Les autorités doivent aussi faire face aux critiques du camp Gbagbo et d’ONG internationales qui s’indignent qu’aucune figure du camp Ouattara n’ait encore été inquiétée.

Pourtant, de l’avis même de l’ONU, des crimes contre l’humanité et crimes de guerre ont été commis par les deux camps, spécialement dans l’Ouest où la situation reste tendue.
« Réconciliation et justice sont deux processus étroitement liés », a souligné le groupe des Elders (Anciens) dirigé par l’archevêque sud-africain Desmond Tutu, appelant à conjurer toute impression de « justice des vainqueurs ».

La normalisation doit aussi passer par des législatives attendues le 11 décembre.
Or, elle est fragilisée par la controverse autour de la Commission électorale indépendante (CEI), jugée « déséquilibrée » par le parti de M. Gbagbo, le Front populaire ivoirien (FPI), qui a choisi la politique de la chaise vide et fait planer la menace d’un boycott du scrutin.

La CDVR « sera indépendante et entendra tout le monde », a promis Alassane Ouattara. « Il y aura aussi le pardon », a-t-il assuré, soulevant une question qui n’a pas fini de tarauder les Ivoiriens: la réconciliation ira-t-elle jusqu’à une amnistie?

AFP___________________

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