Côte d’Ivoire: les étrangers fuyant le chaos commencent à partir

Côte d’Ivoire: les étrangers fuyant le chaos commencent à partir

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Dans ce climat explosif, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a de son côté demandé à Alassane Ouattara – le président ivoirien reconnu par la communauté internationale – de prendre des mesures contre ceux qui ont participé au massacre de centaines de personnes dans l’ouest du pays, selon un porte-parole de l’ONU.

 

A Paris, le président Sarkozy a décidé dimanche « le regroupement sans délai de tous les ressortissants français d’Abidjan » afin « d’assurer leur protection », a annoncé l’Elysée.

La question de l’éventuel rapatriement des Français est une « question qui se pose et qui sera réglée dans les heures qui viennent », avait auparavant annoncé le ministre de la Défense Gérard Longuet. Le Quai d’Orsay évalue à 12.200 le nombre de Français actuellement en Côte d’Ivoire, dont 11.800 à Abidjan. Quelque 7.300 ont la double nationalité.

Redoutant pour leur sécurité, 167 étrangers, dont des Français et des Libanais, ont déjà quitté Abidjan pour Dakar, via Lomé, a indiqué à l’AFP le porte-parole de la force française Licorne, le commandant Frédéric Daguillon.

En plus de la prise de contrôle dimanche de l’aéroport d’Abidjan par Licorne, en coordination avec la force onusienne Onuci, Paris a envoyé 300 soldats en renfort, portant à environ 1.400 hommes ses effectifs. Avant les premiers départs d’étrangers, 1.650 personnes, dont environ 800 Français, étaient regroupés dans le camp de Licorne.

Dans ce contexte très tendu, la télévision d’Etat ivoirienne contrôlée par le camp Gbagbo a entamé dimanche la diffusion de violents messages contre la France. « Le génocide rwandais se prépare en Côte d’Ivoire par les hommes de Sarkozy. Ivoiriennes, Ivoiriens, sortons massivement et occupons les rues », lançait un bandeau défilant.

Des tirs sporadiques d’armes lourdes étaient entendus dimanche, notamment au Plateau, abritant le palais. On ne savait toujours pas avec certitude où se trouvait M. Gbagbo.

L’offensive éclair des forces d’Alassane Ouattara leur avait pourtant permis depuis lundi de prendre sans grande résistance tout le pays avant de rentrer jeudi à Abidjan.

Isolé diplomatiquement, asphyxié économiquement, plus faible que jamais militairement, Laurent Gbagbo, au pouvoir depuis 2000, a plié, mais il n’a pas rompu. Replié sur les symboles du pouvoir – palais, résidence, RTI -, il a très vite démontré qu’il n’entendait pas abdiquer ni s’exiler.

Si le rapport de force restait à l’avantage des troupes de M. Ouattara, leur marche sur Abidjan est toutefois ternie par de graves accusations de massacres de civils.

Selon l’ONU et plusieurs organisations internationales, la prise mardi par les combattants pro-Ouattara de Duékoué, important carrefour de l’Ouest ivoirien, s’est accompagnée de massacres à grande échelle, les bilans allant de 330 tués à un millier de « morts ou disparus ».

Le CICR évoque « au moins 800 morts » pour la seule journée du 29 mars, parlant de « violences intercommunautaires », et l’ONG catholique Caritas fait état d' »un millier de morts ou disparus » entre les 27 et 29 mars.

Si le bilan provisoire de l’Onuci est pour l’instant de 330 morts (entre les 28 et 30 mars), c’est la seule organisation à désigner des coupables. Selon l’Onuci, « la plupart » des 330 morts de Duékoué ont été tués par des combattants pro-Ouattara, les autres l’ayant été essentiellement par des miliciens et mercenaires libériens de M. Gbagbo.

Le camp Ouattara a vivement contesté ces « allégations », affirmant que tous les tués étaient des « miliciens », donc des combattants armés, et non des « civils ».
Les Forces républicaines de M. Ouattara ont annoncé dimanche avoir « compté » 152 corps à Duékoué et non des centaines comme l’affirment plusieurs organisations internationales, a affirmé dimanche à l’AFP un porte-parole.
« Après 4 jours de recherche avec le CICR et l’ONU, on a compté 152 corps au total », a indiqué depuis Duékoué Sidiki Konaté, porte-parole de Guillaume Soro, Premier ministre de M. Ouattara.

Ces graves accusations sur de possibles « crimes de guerre » sont d’autant plus embarrassantes pour M. Ouattara qu’elles proviennent de l’Onuci, qui assure sa protection et a validé sa victoire à la présidentielle du 28 novembre.

Il faut une « forte implication de la France » et l’Onuci « doit s’impliquer davantage », a répliqué l’ambassadeur nommé par M. Ouattara à Paris, Ally Coulibaly, invoquant la nécessité de protéger les civils.

 

AFP___________________

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