Coupe d’Afrique des Champions : Quand le Raja grandira et partira à...

Coupe d’Afrique des Champions : Quand le Raja grandira et partira à la conquête du continent…

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Qu’on aime ou qu’on n’aime pas, le Raja ne laisse personne indifférent.

Il y a deux ans après un  très contesté titre de Champion du Maroc, les verts réussiront à mettre tout le Maroc à leurs pieds après une magnifique Coupe du Monde des Clubs.Impérial en coupe du Monde, insignifiant en coupe d’Afrique , le Raja a un standing qui lui impose de conquérir le continent
Mais, moins d’un mois plus tard le réveil et le retour sur terre
seront fracassants et le Raja se verra éliminé dès le premier tour de la champions League face au modeste Horoya de Conakry. Le Raja, qui n’est pas n’importe qui a un standing à retrouver et à asseoir sur le continent à condition de grandir sur tous les plans. Une fois que cela sera fait, l’Afrique tremblera ! Cela fait plus de dix ans que le football marocain ne brille plus en Afrique, si l’on excepte il est vrai les deux brèves et furtives éclaircies de 2010 et 2011 où le FUS et le MAS avaient, tour à tour, remporté la Coupe de la CAF.

Ces cinq dernières saisons, en effet, il n’y a plus eu de clubs
marocains en phase de poules de la Champions League, ce qui n’est absolument pas sérieux et digne de notre foot
Un petit touret puis s’en vont !
Lorsque des clubs comme Al Ahly ou l’Espérance de Tunis sont chaque année abonnés aux finales des compétitions africaines, les nôtres se contentent de faire un petit tour et puis s’en vont ! Le Raja qui se réclame club mondial, et qui l’a démontré de bien fort belle manière en Coupe du Monde des Clubs, a aussi l’obligation de partir à la conquête de l’Afrique et donc de se trouver les moyens et les ressources pour devenir, chaque année, l’un des grands du continent.

Le Raja dispose d’une assisse populaire considérable qui devrait être en principe un atout mais malheureusement l’expérience a prouvé que ce public exerçait une grande pression sur les joueurs, et créait à travers les réseaux sociaux notamment un environnement malsain à l’épanouissement des joueurs.

Sur le plan humain, chaque fin de saison les dirigeants du Raja
recrutent une bonne quinzaine de joueurs qui commencent la Coupe d’Afrique en février et ne sont pas assurés d’être de la fête pour la suite, en cas de qualification bien sûr.

En cédant à la fièvre ou à la frénésie des transferts qui se sont
emparés de nos clubs depuis quelques années déjà, les dirigeants du Raja ne rendent absolument pas service à leur équipe car l’expérience a prouvé que les meilleures recettes pour réussir sont celles de garder un groupe durant 3 ou 4 ans. C’est comme cela que le MAS a été Champion d’Afrique et pas autrement.
Surtout que le Raja dispose de joueurs espoirs très talentueux, mais que l’on préfère envoyer faire leurs classes en deuxième division.

A l’heure qu’il est, les verts pourraient avoir une équipeB en Elite
2, comme le font les grands du championnat espagnol.
Ainsi, si à la pression du public et la volatilité de l’effectif, on
rajoute l’instabilité technique, on comprend mieux pourquoi les verts n’arrivent pas à donner le meilleur d’eux-mêmes du fait de diverses inhibitions qui paralysent les joueurs.
En effet, l’on se souvient du limogeage de M’hamed Fakhir après une finale de Coupe perdue, et celle de Bencheïkha après une élimination mal vécue et mal digérée face aux FAR.

Dans un environnement insoutenable il est normal que les joueurs aient des états d’âmes. Maintenant, pour terminer, le plus important pour les dirigeants du Raja est qu’ils prennent le taureau par les cornes et mettent en place des structures sereines et un environnement professionnel qui permettra aux verts de se mettre à la hauteur du National du Caire, du Zamalek, de l’Espérance de Tunis et du TP Mazembe.

Tout le reste n’est que littérature, voire très mauvaise littérature
qu’il faut savoir laisser aux commérages de supporteurs fous furieux et aux discussions de café.

Pour terminer, il y a également une mentalité à bannir et une nouvelle culture professionnelle à assoire surtout pour des joueurs qui considèrent que la victoire lors du derby contre le Wydad est plus importante que de remporter le championnat !

HAFID FASSI FIHRI

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