Crise de la dette: Barroso épingle Paris et Berlin dans la gestion...

Crise de la dette: Barroso épingle Paris et Berlin dans la gestion de l’Europe

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« La réalité, c’est que la coopération inter-gouvernementale n’est pas suffisante pour sortir l’Europe de cette crise », a lancé M. Barroso dans un message implicite aux deux capitales européennes devant le Parlement européen.
« Un certain inter-gouvernementalisme pourrait être la mort de l’Europe unie telle que nous la voulons », a-t-il insisté dans un discours sur « l’état de l’Union ».

Ses propos ont reçu les applaudissements nourris d’une majorité de parlementaires, de droite comme de gauche, qui s’inquiètent eux aussi des velléités du président français Nicolas Sarkozy et de la chancelière allemande Angela Merkel de régenter les affaires européennes au détriment des institutions européennes.

Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont proposé en août que le président de l’UE, Herman Van Rompuy, représentant des 27 gouvernements européens à Bruxelles, devienne une sorte de « Monsieur euro » à la tête d’un « gouvernement économique » de l’Union monétaire.

Idée rejetée par M. Barroso, dans la mesure où cette mainmise risque de marginaliser ses troupes, censées incarner l’intérêt général européen: « la Commission (européenne) est le gouvernement économique de l’Union, pour cela nous n’avons assurément pas besoin de davantage d’institutions ».
« Nous avons besoin plus que jamais de l’autorité indépendante de la Commission. Les gouvernements ne peuvent le faire seuls », a-t-il insisté. La Commission plaide pour que l’un des siens prenne ainsi la présidence de l’Eurogroupe des ministres des Finances de la zone euro, poste qui pourrait revenir aussi à M. Van Rompuy.
« Si l’Allemagne ou la France cherchent à promouvoir M. Van Rompuy aux dépens de M. Barroso, c’est parce que la président de la Commission n’est pas la marionnette des Etats, contrairement au portrait qui est parfois fait de lui, et qu’il résiste justement aux capitales », assure un membre de l’entourage du président de la Commission.

M. Barroso a cherché à répondre à l’attente de nombreux euro-députés qui l’ont beaucoup critiqué jusqu’ici en le jugeant trop passif face à la crise de la dette et aux grands pays.

L’hypothèse d’une « motion de défiance » contre l’ancien chef du gouvernement portugais a même été évoquée à plusieurs reprises, y compris par des parlementaires de sa famille politique conservatrice.

Conscient de cette grogne, M. Barroso, qui a affiché sa « fierté » d’être Européen, a fait preuve d’une rare pugnacité. Le soutien des parlementaires n’a pas été toutefois sans bémols, certains élus lui reprochant de ne pas avoir rempli ses promesses au cours de ses sept années de mandat écoulées.
« M. Barroso a dit des choses justes… que j’aurais aimé entendre il y a un an », a ainsi souligné le chef de file des socialistes européens, Martin Schulz.
« Pourquoi devrions-nous vous croire aujourd’hui ? », a demandé la député libérale française Sylvie Goulard. « Si vous décevez, votre responsabilité devant l’histoire sera immense et ce sera aussi la nôtre si nous restons simplement à contempler le désastre », a-t-elle mis en garde.

Pour les amadouer, le président de la Commission a également pris le contre-pied de Berlin en se disant favorable à la création d’euro-obligations à terme dans la zone euro. L’Allemagne s’oppose à un tel système de mutualisation des dettes des pays de la zone euro, y voyant un encouragement au laxisme budgétaire.

AFP_________________

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