Crise de la dette: en Grèce, la course d’obstacles n’est pas finie

Crise de la dette: en Grèce, la course d’obstacles n’est pas finie

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Le nouveau plan d’aide à la Grèce n’est même pas encore officiellement entériné par l’Eurogroupe qu’une rallonge financière de 5 milliards et demi d’euros est déjà évoquée. Le ministre des Finances allemand Wolfgang Schaüble a même parlé de « puits sans fond ». Quoiqu’elle fasse, la Grèce ne parvient pas à restaurer la confiance chez ses partenaires européens qui sont aussi ses créanciers.

Les exigences auxquelles la Grèce est sommée de se plier au nom de la discipline budgétaire, qu’il s’agisse de réduction des salaires, des retraites, des emplois publics, ne cessent d’être revues à la hausse. Sans lui laisser le temps nécessaire pour voir si la potion agit. Est-ce de l’acharnement contre la Grèce ? Il est vrai, aussi, que dans le passé Athènes a rarement rempli ses promesses ce qui rend ses partenaires méfiants.

On doute de la volonté ou de la capacité des Grecs à respecter leurs engagements, mais on commence aussi à douter de l’efficacité des cures d’amaigrissements auxquelles le pays est soumis depuis deux ans. Les analystes économiques finissent par convenir eux-mêmes que le cercle vicieux récession-endettement-austérité-récession est bouclé. L’économie grecque, privée d’oxygène s’asphyxie. Au dernier trimestre 2011, le PIB a encore reculé de 7% et les prévisions tablent sur une récession de 4% à 5 % cette année. Le chômage a atteint 20% de la population et même 50% chez les jeunes. Dans ces conditions on voit mal comment la Grèce pourrait dégager des surplus afin de rembourser ses dettes. Et en tout cas pas avant longtemps.

Alors, si cela ne marche pas pourquoi continuer à lui imposer ce régime ? Parce que comme le dit sans prendre de gants la commissaire européenne Viviane Reding « la solidarité n’est pas gratuite ». Les partenaires de la Grèce qui lui prêtent des centaines de milliards d’euros veulent qu’elle prenne sa part du fardeau.

De plus, si la Grèce était en cessation de paiement, voire si elle quittait la zone euro, les inconvénients seraient bien pires. Ce n’est pas seulement la dette publique qui serait en défaut mais aussi les banques grecques qui doivent de l’argent aux banques européennes, les entreprises grecques qui ont des clients et des fournisseurs dans les autres pays européens. Les pertes seraient bien plus considérables, au total, et par un effet de contagion la crise pourrait s’étendre à l’ensemble de la zone. D’ailleurs, si les créanciers privés de la Grèce ont accepté de renoncer à 70% de leurs créances, ce n’est pas seulement pour aider Athènes, mais parce qu’ils auraient plus à perdre dans le cas contraire. Banques, compagnies d’assurances et fonds d’investissement ont déjà mis en réserve les montants nécessaires pour faire face à ces pertes.

Des élections inopportunes ?

Et, comme si la situation n’était pas déjà assez grave, la Grèce voit se profiler de nouveaux nuages à l’horizon avec la perspective d’élections législatives anticipées prévues en avril 2012. Ces élections inquiètent les créanciers de la Grèce. Le nouveau gouvernement issu des urnes sera-t-il aussi ferme dans ses bonnes intentions ? Des voix s’élèvent, y compris en Grèce, pour mettre en doute l’opportunité de ces élections. Plusieurs pays européens, faute de pouvoir mettre la Grèce sous tutelle de l’extérieur verraient d’un bon œil la mise en place d’un gouvernement technocratique du type de celui de Mario Monti en Italie.

 

 

rfi.fr_______________

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