Crise libyenne: l’Otan et l’UE débattent

Crise libyenne: l’Otan et l’UE débattent

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Un déjeuner des ministres des Affaires étrangères de l’UE ouvre ce jeudi le bal, pour préparer le sommet spécial sur la Libye qui doit réunir les 27 chefs d’Etat et de gouvernement le lendemain.

Au programme de leurs discussions: « faire en sorte que les violences contre les populations civiles en Libye cessent et qu’en tout cas la communauté internationale prenne toutes les dispositions qu’elle peut prendre », a indiqué un haut responsable de l’UE.

Jeudi après-midi, ce sera au tour des 28 ministres de la Défense de l’Otan, notamment Robert Gates (Etats-Unis), d’échanger leurs vues jusqu’à vendredi en fin de matinée sur les scénarios imaginables, les moyens à leur disposition et les options à privilégier.

Ces conciliabules ne seront pas de trop. Les Occidentaux marchent sur des oeufs et ne sont pas unanimes quant à la façon de traiter le cas libyen. « Les avis sont partagés » au sein de l’UE, dont 21 pays appartiennent aussi à l’Otan, à propos de la zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Libye que prévoit un projet de résolution présenté par la France et la Grande-Bretagne au Conseil de sécurité de l’ONU, selon un diplomate européen.

Interdire à l’aviation de Tripoli de voler impliquerait selon certains le bombardement préventif des batteries de missiles air-sol libyennes. L’Otan comme l’UE sont conscients en outre que le monde arabe se méfie des mobiles réels justifiant l’ingérence des pays occidentaux dans ses affaires.

Un haut responsable américain a résumé ces préoccupations en soulignant que l’Otan ne pourra statuer sur les modalités et la date d’une intervention que si trois principes sont respectés:
- que la démonstration soit faite qu’une telle intervention s’impose,
- -que l’intervention s’appuie sur une base juridique claire, autrement dit que le Conseil de sécurité de l’ONU ait voté une résolution en ce sens,
- que les pays de la région l’approuvent et apportent leur coopération.

Les Etats-Unis, même s’ils souhaitent que Mouammar Kadhafi renonce au pouvoir, manquent néanmoins d’enthousiasme à l’idée de s’engager dans un pays musulman alors que l’Irak et l’Afghanistan réclament déjà toute leur attention.
Robert Gates avait publiquement incité il y a deux semaines la France et l’Italie à prendre la tête de l’opération.

Mais Washington aimerait que ce soit l’Otan qui en soit le cadre La France refuse, elle, que l’Alliance atlantique encadre une intervention à caractère militaire dans un pays d’Afrique du Nord. Une position qui convient à un autre pays de l’Otan, la Turquie, elle aussi très réservée.

La prudence est d’autant plus de mise que la confrontation entre l’armée de Mouammar Kadhafi et les opposants reste indécise, l’utilisation de l’aviation et de l’artillerie par les fidèles du régime n’ayant pas eu pour l’instant d’effets assez meurtriers pour soulever vraiment l’indignation internationale.

Le Conseil national de transition (CNT) qui s’est érigé en contre-pouvoir à Benghazi (est) a envoyé des émissaires défendre sa cause en marge des réunions à Bruxelles. Selon le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, des émissaires du régime libyen seraient aussi en route pour la capitale belge.

En attendant que la Russie et la Chine prennent position sur le projet de zone d’exclusion aérienne à l’ONU, l’UE et l’Otan envisagent l’un comme l’autre un soutien militaire à l’évacuation de civils fuyant la Libye ou à d’éventuelles opérations d’aide humanitaire, si la dégradation de la situation les rendait nécessaires.

AFP_____________________

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