Cryptage du BlackBerry : RIM cherche un compromis en Inde

Cryptage du BlackBerry : RIM cherche un compromis en Inde

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D’après The Economic Times, le constructeur aurait accepté de fournir aux services de sécurité indiens l’accès au code utilisé pour encrypter les courriels sous quinze jours, et de leur donner accès dans les mois suivants au contenu des messageries instantanées. Faux, a répliqué RIM, expliquant que des discussions confidentielles étaient en cours, mais que rien n’était décidé.

SYSTÈME UNIQUE D’ENCODAGE DES MESSAGES

Depuis près de deux ans, les services antiterroristes indiens font pression sur RIM. Le constructeur, dont les produits sont conçus pour les hommes d’affaires, utilise un système unique au monde d’encodage des messages : les courriels envoyés par ou vers ses téléphones sont transmis à des serveurs situés dans plusieurs pays, où ils sont chiffrés avant d’être transmis à leur destinataire. Une protection appréciée des professionnels, mais qui inquiète les services de sécurité indiens, plus particulièrement depuis les attentats de Bombay en 2008 où les terroristes avaient alors utilisé des téléphones BlackBerry pour communiquer sans être repérés.

Les services de sécurité indiens souhaitent donc pouvoir décrypter les messages des BlackBerry. Mais jusqu’ici, RIM s’est toujours opposé à confier les clefs de son système de chiffrement. Confronté lundi à une menace d’interdiction aux Emirats arabes unis et en Arabie saoudite, le constructeur a annoncé qu’il trouverait une solution pour garantir la confidentialité des échanges de ses clients dans ces deux pays.

MARCHÉ EN PLEINE EXPLOSION

Mais la situation n’est pas la même en Inde que dans les pays du Golfe, qui exercent un strict contrôle sur le Net et où le BlackBerry est une porte d’accès vers un Internet non censuré. L’Arabie saoudite figure ainsi sur la liste noire des ennemis d’Internet (pdf) établie par l’organisation Reporters sans frontières ; les Emirats arabes unis y sont également mentionnés comme « pays sous surveillance ».

L’Inde est en revanche une démocratie. Et un marché en pleine explosion : d’après les chiffres du cabinet IDC Inde, plus de 36 millions de téléphones ont été vendus dans le pays au premier trimestre 2010, soit une hausse de près de 40 % par rapport à 2009, une année record. « Environ 5 % des téléphones vendus en Inde aujourd’hui sont des smartphones », détaille Naveen Mishra, analyste pour IDC. Un chiffre en forte progression, sur un marché où la domination de Nokia est aujourd’hui écrasante, avec 91 % de parts de marché d’après les évaluations d’AdMob (pdf).

RIM, qui avance le chiffre d’un million d’utilisateurs de BlackBerry en Inde, a lancé ces derniers mois une offensive sur ce marché. Outre le lancement de plusieurs modèles haut de gamme, le constructeur avait annnoncé fin juillet la traduction de l’interface de ses téléphones en plusieurs langues régionales, dont le marathi, le tamil, le telugu, le malayalam et l’hindi. « Jusqu’à peu, nous n’étions présents que dans six villes », expliquait alors un directeur de RIM en Inde au Hindustan Times. « En à peine douze mois, le BlackBerry est devenu disponible dans 69 villes, et nous pensons avoir à peine gratté la surface [du marché]. »

RECHERCHE D’UNE SOLUTION MÉDIANE

Le constructeur canadien se retrouve aujourd’hui pris entre deux feux : il ne souhaite pas contrarier le gouvernement indien, au moment même où il cherche à se développer sur le marché mobiles le plus dynamique au monde. Mais il ne peut pas non plus renoncer à fournir un service chiffré à ses utilisateurs, pour qui la sécurité est un argument de vente majeur. « Tout ira bien pour BlackBerry en Inde » : dans un message se voulant rassurant, posté il y a trois jours sur le blog officiel de la division indienne de l’entreprise, RIM assure qu’il trouvera un compromis avec le gouvernement.

Certains policiers indiens semblent d’ailleurs apprécier les téléphones de RIM. Mardi, la police du Maharashtra, à l’ouest du pays, a proposé que les agents régulant la circulation soient désormais équipés de BlackBerry. Ce qui leur permettrait de signaler les délits routiers en temps réel et de collecter les amendes sur place, via un système de paiement en ligne.

 

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