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Nos villes sont-elles vraiment originales ?
Véritables souks à ciel ouvert, on y voit circuler le tram à côté des vendeurs de figues de barbarie (par exemple entre autres) que l’on affectionne particulièrement et se promener vaches et moutons à côté des villas et espaces verts des quartiers huppés de la capitale, de Casablanca et autres grandes villes.
Mais, ils ne sont pas bêtes, nos vaches et nos moutons, car on n’a pas idée de se balader dans les quartiers populaires défavorisés. –Bonjour l’humour acide !
C’est pour vous dire que dans nos cités, la frontière entre la ville et la campagne n’existe pas, puisque l’urbain et le rural s’y entremêlent, s’y mélangent allègrement et volontiers, quoique quelques fois avec fracas.
Mais nos villes n’ont pas que des défauts, car, bizarrement, les stigmates du sous-développement dont elles souffrent peuvent également se transformer en qualités, en termes de proximité et de vie pratique.
C’est ainsi que les artères de nos villes sont pleines de marchandises en tous genres que l’on achète à même le sol.
Pour la vieille ménagère qui n’a ni le temps ni l’envie d’aller au souk, les fruits et légumes viennent jusque devant sa porte.
Pour Ramadan par exemple, à deux pas de chez vous, vous trouvez crêpes, gâteaux et autres friandises !
Nos villes sont également très fonctionnelles pour la fête du sacrifice, car on imagine très mal que vous grillez votre tête de mouton au coin de la rue à New York, Madrid ou Paris, sans parler des couteaux, du foin et des agneaux que l’on retrouve dans toutes les artères !!
De ce point de vue, culturel, nous avons les villes que nous méritons et qui nous ressemblent.
Et nos traditions ne souffrent pas de la concurrence des traces de modernité qui tentent tant bien que mal de s’y implanter…!
Néanmoins, dans nos villes la fracture socio-économique est flagrante entre quartiers nantis et défavorisés à l’inverse de nos médinas ou cohabitaient allègrement riches et pauvres !

Par Hafid Fassi Fihri

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