Dans les rues d’Athènes, la défiance vis-à-vis de la classe politique

Dans les rues d’Athènes, la défiance vis-à-vis de la classe politique

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A la sortie du métro, un jeune avec un mégaphone demande une manifestation « pacifique ».
Les « Indignés » ne sont pas parvenus à réaliser leur objectif qui était de se donner la main pour réaliser une chaîne autour du Parlement grec dans l’espoir d’empêcher symboliquement le vote de la loi budgétaire prévoyant d’ajouter des mesures d’austérité à celles déjà prises. Mais tard en fin d’après-midi, des centaines de manifestants se trouvaient encore devant le Parlement.

 

Beaucoup portent des drapeaux espagnols en hommage au mouvement homonyme des Indignés en Espagne, qui a organisé mercredi le même type de manifestation à Barcelone devant le Parlement de Catalogne.
« La Grèce est en danger, c’est la plus importante mobilisation dans le pays » depuis les années 70 contre la junte militaire, estime Maria Chira, une brune trentenaire, enroulée dans un drapeau grec, qui a rejoint le mouvement des Indignés fin mai, alors qu’elle dit n’avoir jamais appartenu à aucun parti ni syndicat auparavant.
« L’année dernière (au moment du premier plan d’aide de la zone euro à la Grèce) je n’ai pas manifesté, on ne savait rien, les hommes politiques nous ont menti », ajoute cette mère de deux enfants, salariée d’un groupe pétrolier grec, « venue en paix ».

La défiance, voire la hargne, vis-à-vis de la classe politique est patente chez la plupart des manifestants interrogés par l’AFP.

Machi Spyridaki, 70 ans, grande bourgeoise athénienne et veuve de diplomate, manifeste pour la première fois depuis l’intervention militaire de la Turquie à Chypre (1974) : « Je suis ici pour défendre la fierté du pays, nous n’avons plus notre destin en main (…) et pour l’avenir de mes enfants et petits-enfants, voués au chômage et à des salaires de misère », dit-elle. « Il faut aussi faire en sorte que tous les corrompus qui nous ont gouvernés rendent l’argent », ajoute-t-elle.

Aguéliki Papadaki, avocate quinquagénaire, est également en colère : « c’est de la faute à la fois de la droite et des socialistes qui ont alterné au pouvoir ces trente dernières années. On nous disait que l’économie allait bien et, tout d’un coup, ils (les dirigeants grecs) décident qu’il faut emprunter de l’argent pour payer les intérêts de nos dettes anciennes. Il faut qu’on arrête de payer nos vieilles dettes, il faut de l’argent pour les gens, cette politique a échoué ».

Alors que le consensus grec autour de l’euro demeure, une défiance pointe chez certains : « l’euro ne fonctionne pas pour nous. Cela devient de plus en plus frustrant », dit Vassilis Hatzidintrakis, acteur professionnel à Athènes, et engagé dans le mouvement des Indignés.
La grande différence avec les manifestations traditionnelles encadrées par partis et syndicats est la quête de la non-violence. Mais, mercredi, une douzaine de personnes ont été blessées au cours de heurts sporadiques entre la police et des groupes de jeunes sur la place Syntagma.
« Nous faisons tout pour empêcher la violence », dit M. Hatzidintrakis. « La démocratie est née ici, à Athènes, je ne voudrais pas qu’elle meure ici ».

AFP_________________

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