Darfour : armes russes et chinoises continuent d’alimenter le conflit

Darfour : armes russes et chinoises continuent d’alimenter le conflit

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Cela fait près de dix ans que la région soudanaise du Darfour est le théâtre d’un conflit entre rebelles et forces gouvernementales soutenues par des milices locales arabes. Selon l’ONU, cette guerre a tué au moins 300 000 personnes – 10 000 aux dires de Khartoum – et fait 1,8 million de déplacés.

Il y a cinq ans, Amnesty International avait déjà exprimé ses inquiétudes sur les livraisons d’armes russes et chinoises au régime soudanais. L’ONG de défense des droits de l’homme publie jeudi 9 février 2012 un nouveau rapport qui survient à la suite d’une « nouvelle vague de combats » entre rebelles et forces gouvernementales durant l’année écoulée.

Le document affirme qu’en dépit de l’embargo sur les armes, les balles de fabrication chinoise et les avions achetés à la Russie sont utilisés pour continuer à commettre des violations des droits de l’homme au Darfour.

Parmi les violations les plus graves dénoncées par Amnesty, « des attaques ciblées contre des populations civiles, commises pour des motifs ethniques, et des bombardements aériens sans discernement ayant contribué au déplacement de quelque 70 000 personnes de leurs foyers et villages ».

Nouvelle réunion du Conseil de sécurité le l’ONU la semaine prochaine

Outre les griefs contre le régime de Khartoum, l’organisation basée à Londres accuse la Chine et la Russie d’agir en toute connaissance de cause. Explication de Brian Wood, responsable des recherches sur le contrôle des armes à Amnesty : « La Chine et la Russie vendent des armes au gouvernement du Soudan tout en sachant qu’une bonne partie sera de toute vraisemblance utilisée pour commettre des violations des droits de l’homme au Darfour ». Des témoins, ajoute Brian Wood, ont indiqué à Amnesty avoir trouvé des cartouches de balles qui portent des codes chinois indiquant leur transfert au Darfour après le début de l’embargo sur les armes en 2004.

Bien que l’ONU interdise les raids aériens, les combats au Darfour s’accompagnent d’attaques aériennes répétées, notamment sur des cibles civiles. Ces raids sont menés par des appareils russes Sukhoi-25, Mi-24 et Antonov. Selon le rapport d’Amnesty, le Soudan a reçu de la Russie, entre 2007 et 2009, quelque 36 nouveaux hélicoptères Mi-24 qui « sans doute » remplacent les appareils perdus lors d’opérations au Darfour. « Leur remplacement continu par la Fédération russe permet la poursuite de telles attaques ».

L’ONG épingle également la rébellion. Les attaques sur les populations civiles et les propriétés menées par les groupes de l’opposition se poursuivent elles aussi, en violation du droit international, souligne Amnesty. Toutefois, l’organisation admet ne pas être en mesure de vérifier l’origine de l’armement des rebelles.

Le rapport d’Amnesty International est publié une semaine avant la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU qui examinera de nouveau les sanctions contre le Soudan. La Chine et la Russie en sont membres permanents avec droit de veto. Amnesty lance un nouvel appel à l’arrêt des livraisons d’armes, seul moyen d’enrayer les violences : « Le conflit du Darfour se perpétue grâce au flux continu d’armes de l’étranger. Pour aider à empêcher les graves violations des droits de l’homme, tous les transferts internationaux d’armes vers le Soudan doivent être suspendus dans l’immédiat et l’embargo sur les armes étendu à l’ensemble du pays. »

rfi.fr_______________

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