De toutes les couleurs : Le faux au Maroc

De toutes les couleurs : Le faux au Maroc

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Alors oui, comme partout ailleurs, il y a du faux au Maroc. Parmi les plus falsifiés, on trouve des Saladi, des Fatima Hassan El Farrouj, des Chaïbia, des Gherbaoui et même des Belkahia. Et on pourrait passer une éternité à se plaindre et à dénoncer tous les tricheurs, mais dans le contexte artistique actuel du Maroc, cela reste inutile. On n’a plus besoin d’«alarmer» ou de «prévenir» les Marocains de l’existence du faux car ils le savent déjà.

Il s’agit d’abord d’accepter son existence, et ensuite, de le combattre de façon intelligente, responsable et organisée. Il faudrait dresser un plan d’action efficace, à long terme si nécessaire, pour réduire la production de fausses oeuvres au Maroc. Seules des lois bien ficelées et surtout, sévèrement appliquées, permettraient de dissuader les falsificateurs –et encore, pas tous !

La loi a besoin d’experts agréés, et les experts ne tombent pas du ciel. Pour savoir si une oeuvre est fausse, il faut d’abord connaître parfaitement et sans le moindre doute l’oeuvre originale. Pour savoir si un artiste a, ou non, réalisé une oeuvre donnée, il faut bien connaître cet artiste et bien sûr sa technique, ses intérêts, ses motivations, etc.

Le peu d’écoles que nous avons au Maroc ne «fabriquent» quasiment que des artistes! Elles devraient former des critiques d’art, des restaurateurs d’oeuvres et des experts spécialisés dans certaines catégories bien précises, car l’on ne peut pas être expert en tout!

Le Maroc a besoin d’experts expérimentés, intègres et conscients du poids immense que les professionnels et les amateurs d’art mettent sur leurs épaules. Des experts aux méthodes fiables et capables d’engager leurs responsabilités en toute intégrité.

L’expert d’aujourd’hui ne se fie plus à ses seuls yeux! Dans les cas délicats, il a besoin d’assistance technique et scientifique, telles que l’analyse aux ultraviolets ou infrarouges, la spectrophotométrie, la diffraction par rayons-X pour analyser la peinture (car les falsificateurs utilisent parfois des peintures récentes qui n’existaient pas durant la vie des artiste copiés), ou encore la thermoluminescence, dans le cas de la poterie par exemple. En outre, depuis quelque temps, il existe des logiciels d’analyse d’images numériques, basés sur des méthodes statistiques, capables de reconnaitre la touche d’un artiste !
Dr Hamid Bouhioui, Artiste peintre

 

 

 

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