Décès à Paris de Mohamed Arkoun, grande figure de l’islamologie en France

Décès à Paris de Mohamed Arkoun, grande figure de l’islamologie en France

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L’intellectuel franco-algérien Mohamed Arkoun, grande figure de l’islamologie en France, est décédé mardi soir à Paris à l’âge de 82 ans.
Né en 1928 dans un petit village de Kabylie, en Algérie, le défunt était professeur émérite d’histoire de la pensée islamique à la Sorbonne (Paris III) depuis 1993.

Mohamed Arkoun, qui a développé la discipline « Islamologie appliquée » dans diverses universités européennes et américaines, a à son actif plus d’une quinzaine d’ouvrages, dont une somme encyclopédique sur l' »Histoire de l’islam et des musulmans en France: Du Moyen-Age à nos jours ».

Il a formé et initié plusieurs générations d’étudiants à la pensée et à la civilisation arabo-islamique, notamment en France et au Maroc.

Il avait rejoint l’Université de la Sorbonne en tant que professeur en 1980, après y avoir préparé l’agrégation en langue et littérature arabes.

Auparavant, il avait étudié la littérature arabe, le droit, la philosophie et la géographie à l’Université d’Alger.

Le défunt avait des liens très étroits avec les intellectuels marocains, depuis les années 70, et multipliait les déplacements au Maroc pour des conférences.

Son livre « Humanisme et Islam: Combats et propositions » a été réédité par la maison d’édition marocaine Marsam en 2006.

Dans un communiqué, le Conseil français du culte musulman (CFCM) a salué mercredi la mémoire de ce « grand penseur musulman » et « véritable +passeur+ entre les cultures, qui a toujours plaidé pour une pratique intellectuelle libre où le +droit de la pensée+ doit être respecté ».

« Convaincu des vertus du dialogue entre le monde musulman et occidental, Arkoun a toujours refusé les oppositions simplistes entre cultures d’Islam et d’Europe », écrit le CFCM.

Il a également rappelé que cet intellectuel « profondément humaniste » occupait une « place à part » dans le paysage français des sciences religieuses », soulignant que le défunt « restera dans les mémoires comme celui qui a contribué à faire le mieux connaître en France et en Europe l’Islam des lumières ».

 

 

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