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Des dizaines d’aveugles disséminés à travers les grandes artères du
centre de la capitale, notamment au bas des immeubles et des édifices
publics de l’avenue Mohammed V, semblent s’être intégrés dans le
décor, les passants et les touristes s »étant habitués à leur discrète
présence. Depuis des années ils y viennent quotidiennement qu’il
fasse un froid glacial ou une chaleur torride pour quémander
discrètement quelques pièces de monnaie en attendant des jours meilleurs.
Sauf que ces jours ne viennent pas et que le calvaire continue pour la
majorité d’entre eux depuis une dizaine d’années.
Le gouvernement refuse de répondre favorablement à leurs doléance et
se contente de leur envoyer de temps en temps les forces de l’ordre
pour un tabassage en règle quand ils s’aventurent à se regrouper
devant le parlement pour manifester.

Comme pour les autres chômeurs diplômés ne souffrant pas d’handicaps,
le premier ministre refuse à ses non-votants le droit d’accéder de
manière automatique à la fonction publique pour les laisser s’enfoncer
dans leur nouvelle existence de mendiants tendant aux passants leur
boite pour récolter quelques pièces de monnaie qui les aideraient à
survivre.

Les touristes étrangers de passage dans la capitale n’hésitent pas à
les prendre en photo avant de s’enquérir de leur situation et
d’emporter avec eux des interrogations interminables sur cette réalité
d’un pays appelé le Maroc.

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