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Plus de 200.000 manifestants ont participé ce samedi, dans la capitale américaine à la «marche des femmes», contre l’investiture du président des États-Unis. D’autres cortèges se sont également réunis dans plusieurs villes du monde, et notamment en France.

Des centaines de milliers de personnes ont défilé ce samedi aux États-Unis lors des «marches des femmes». Ces manifestations ont été organisées pour la défense des droits civiques et contre le président Donald Trump investi la veille. Dans la capitale, Washington, où avait lieu le plus grand rassemblement, 275.000 voyageurs avaient pris le métro en fin de matinée, soit 50% de plus que pour l’investiture de Trump la veille à la même heure, selon l’autorité de transport WMATA. Les organisateurs ont en outre relevé leur estimation de participation de 200.000 à 500.000 personnes, selon le maire adjoint de Washington, Kevin Donahue.

La foule était compacte sur une dizaine de pâtés de maison ou environ 1,5 kilomètre sur Independence Avenue à Washington où la marche était prévue. Il était impossible de traverser ce boulevard, selon des journalistes de l’Agence France-Presse sur place. Des milliers de personnes qui n’avaient pas pu accéder à cette avenue marchaient sur le National Mall voisin, l’esplanade du centre de la capitale, où vendredi une foule de partisans de Donald Trump ont assisté à son investiture.

Manifestations en France

En parallèle, plusieurs milliers de manifestants ont défilé dans plusieurs grandes villes en France. À Paris, ils étaient 7000, selon la police, dont beaucoup de femmes et de ressortissants américains. Munis de pancartes colorées, dénonçant le mépris de Donald Trump envers les femmes, les manifestants se sont d’abord rassemblés sur le parvis du Trocadéro. Ils ont ensuite déambulé, en musique et dans une ambiance pacifique, jusqu’au Mur pour la Paix, installé au Champ de Mars. Ils répondaient à l’appel de plusieurs organisations féministes (Osez le féminisme, Planning familial …), mais aussi du NPA, de SOS racisme et du mouvement LGBT. «Les droits de l’homme sont aussi ceux des femmes», «respect», «liberté, égalité, sororité», «capitalisme, sexisme, assassins», proclamaient, au milieu de bonnets roses et de drapeaux américains, des pancartes en anglais et en français.

Des rassemblements étaient aussi organisés dans d’autres villes. A Marseille, où l’appel a réuni une cinquantaine de personnes, un groupe d’Américains portait une pancarte où était écrit: «Trump, Liar in chief» (»Trump, menteur en chef», ndlr). Devant l’Opéra de Lyon, ils étaient quelques centaines de manifestants, en majorité des femmes, avec notamment ce slogan: «Donald, c’est pas du Walt Disney». ,Entre 650 et un millier de personnes ont défilé à Montpellier, plus de 300 à Bordeaux, et 200 à Strasbourg. ,«On pense aux personnes noires, gays, lesbiennes, trans, et aux femmes qui vont devoir vivre au moins quatre ans avec un président qui est contre leurs droits et donc leur existence», s’est insurgée à Montpellier une militante de l’association féministe «Les soeurs de la perpétuelle indulgence», déguisée en religieuse. ,«Cela me donne un peu d’espoir de voir autant de monde» manifester, s’est réjoui Michelle, étudiante américaine venant de s’installer à Bordeaux. Sur sa banderole, à l’adresse de Donald Trump: «You are not my president!» (Vous n’êtes pas mon président!).

Partout dans le monde

Outre Washington et Paris, plus de 650 rassemblements de ce type étaient prévus ce samedi à travers le monde. Ce matin, c’est l’Australie et la Nouvelle-Zélande qui ont été les premiers pays à manifester. Plus de 3000 personnes ont défilé à Sydney, 5000 à Melbourne, et 2000 à Wellington. Dans ces deux pays d’Océanie, les manifestations se sont déroulées dans le calme. «Nous ne sommes pas seulement inquiets pour les femmes», a déclaré l’une des organisatrices de la marche de Sydney, Mindy Freiband. «Nous pensons que de nombreuses personnes sont menacées par le genre de mesures» dont a parlé Donald Trump au cours de sa campagne.

À Londres, malgré le froid et sous un grand soleil, un impressionnant cortège, essentiellement féminin, s’est mis en route devant l’ambassade des États-Unis pour rejoindre Trafalgar square où le maire de Londres Sadiq Khan faisait partie des manifestants.

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«Je veux que la majorité des Américains qui n’ont pas voté pour lui sachent qu’on les soutient dans le monde entier», a déclaré à l’AFP Oliver Powell, un acteur de 31 ans qui a qualifié le nouveau président de personnage «hideux». «Je ne peux pas croire qu’il existe», a ajouté son amie, Emily Chase, 36 ans. «La culture du viol s’est frayée un chemin jusqu’à la Maison Blanche», «Virons Trump» (Dump Trump), pouvait-on lire sur les banderoles.

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