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Ils me font rire ceux qui s’offusquent pour quelques femmes mortes en se bousculant pour un sac de farine. Depuis l’indépendance, c’est le « truc » tout trouvé pour faire bonne figure à ces gouvernement qui passent et laissant derrière eux, des fortunes indécentes face à la misère toujours présente. A chaque gouvernement, sa palette d’initiative qui consiste à « donner » aux pauvres ce qui, au fond, leur appartient. Cela va du camping car transformé en clinique mobile pour aller offrir gracieusement les services de docteurs et d’internes pour qui l’aubaine est une occasion de traiter des « cas », au panier « ramadanesque » avec quelques victuailles pour tenir quelques jours du mois sacré, en passant par des cartables ou des bicyclettes, ça et là et.. le problème reste toujours là !
Ces gestes d’aumône légalisée à coups de discours de mauvaise foi, ne cachent pas leur volonté à ne rien faire et, au lieu de résorber le chômage, éradiquer la misère et assurer leurs droits aux citoyens, tout ce que l’on constate, ce sont des salaires indécents, des fortunes colossales et des empires de plus en plus grands après leur passage, comme une insulte à la face d’un peuple qui veut y croire.

Une vingtaine de femmes meurent en se bousculant pour un sac de farine, ce n’est, vraiment, rien, comparé à ceux qui meurent tout au long de l’année, faute de travail, de soins ou de formation. Ces initiatives de basse facture ne trompent que ceux qui veulent ne pas y croire et quand on annonce des budgets faramineux pour tel ou tel douar, ce qui arrive aux intéressés est, le plus souvent, sous forme de miettes quand, du ministre au moquadem, chacun se sert à sa guise, sans avoir de compte à rendre.

Si le gouvernement veut nous faire éviter ce genre de spectacle, ce ne sont pas des opérations ponctuelles qui viendraient à bout de la misère et de l’exclusion, mais des politiques qui feraient payer les riches avec des impôts sur la fortune, un sytème économique formel, se pliant aux lois du travail, un salaire minimum digne et une autre vision de l’investissement que celle que nous observons.

Des femmes mortes à Essaouira, un jour, devant ces milliers de femmes qui font les « mules » aux portes de Sebta, pour ne citer que celles-là, cherchez l’erreur !
Le drame d’Essaouira, un jour, c’est le drame de millions comme elles, toute l’année !


Nourr Edine © 2017

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