Des intellectuels au FSM de Dakar s’opposent au séparatisme et plaident l’intégration

Des intellectuels au FSM de Dakar s’opposent au séparatisme et plaident l’intégration

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-Par Driss Hidass-

Dakar, 14/02/11- Des voix libres et sincères de plusieurs intellectuels et acteurs de mouvements sociaux au Forum Social Mondial de Dakar (6-11 février) ont tenu à témoigner de leur opposition au séparatisme et au morcellement des Etats et plaider pour l’union et l’intégration comme voie salutaire pour les pays du continent africain.

Ayant assisté aux nombreux débats initiés par les acteurs de la société

civile marocaine sur la question du Sahara et la proposition d’autonomie, des intervenants de divers horizons et nationalités ont estimé que le séparatisme n’est plus d’actualité dans le monde d’aujourd’hui, où l’espace européen s’est érigé en puissance majeure grâce à l’intégration et au moment ou l’Afrique s’apprête à emprunter la même voie avec le rêve des « Etats Unis d’Afrique ».

Le palestinien Gaby Jammal, écrivain, politologue et réalisateur, qualifie les conflits séparatistes actuellement de « non-sens » et d’hérésie d’un

autre âge.

L’enjeu actuel pour le monde arabe est de pouvoir fédérer les efforts, s’unir et faire front commun pour s’assurer une place de choix dans un monde résolument orienté vers les regroupements et les grands espaces économiques, a-t-il expliqué.

Le monde arabe a été toujours perdant dans les conflits séparatistes, a-t-il rappelé. Et d’évoquer le cas de l’Erythrée qui s’est précipité dans le giron d’Israël dès l’obtention de son indépendance envers l’Ethiopie, ainsi que

le Kurdistan d’Irak et le Sud Soudan qui ne manqueront pas de s’engager sur la même voie en tournant le dos au monde arabe.

« Il est temps que cesse cette hémorragie qui risque de précipiter le monde arabe dans des conflits stupides et marginaux, diluant du coup les efforts des bonnes volontés et désarmant cette communauté face à ces véritables défis », a-t-il dit.

Le séparatisme ne peut être qu’un corollaire de déchirement, de drames et de situations d’impasse. En ex-Yougoslavie, mêmes si les frontières des petits Etats ont été dressées, les tensions sont toujours vivaces et des années

après l’éclatement du pays, les forces internationales de maintien de la paix sont toujours sur les lieux, a-t-il souligné. Et de relever, à ce sujet, le grand échec de la création du micro-Etat de Timor amputé de l’Indonésie. Jusqu’à présent, ce micro pays d’à peine 900.000 âmes n’arrive toujours pas à assurer sa propre gestion et gouvernance et se trouve jusqu’à présent administré par l’ONU et dépendant de l’aide internationale, a-t-il dit.

La logique et l’esprit même de la démocratie ne peuvent s’accommoder d’une situation où une minorité impose sa volonté à la majorité d’un pays sous quel prétexte que ce soit, affirme M. Gaby.

Les spécificités ethniques, régionales ou culturelles ne doivent en aucun cas légitimer des revendications séparatistes et l’éclatement de l’unité d’un pays souverain.

Un modèle de gouvernance démocratique est à même d’assurer la cohabitation de toutes les composantes ethniques ou culturelles au sein d’un même pays souverain, a-t-il estimé, précisant que la dynamique démocratique au Maroc et le modèle de gouvernance régionale offrent la meilleure voie pour régler la question du Sahara qui handicape le projet d’édification de l’espace maghrébin appelé à jouer un rôle catalyseur pour l’ensemble du monde arabe.

José Castillas, président de l’association d’amitié maroco-espagnole et résident à Laâyoune de longue date, est du même avis sur les maux du séparatisme. « Je suis convaincu que le séparatisme n’a pas de place dans le monde actuel. Si le développement s’est fait en Europe par l’intégration économique et l’union, je pense que c’est la voie toute indiquée aussi pour le continent africain », a-t-il assuré.

M. Castillas, qui ne cesse de témoigner de la stabilité et du progrès des provinces du sud du Royaume, conseille vivement l’adhésion de tous les Marocains à la dynamique démocratique que connaît le pays pour fédérer les efforts vers l’édification.

Le projet d’autonomie proposé par le Maroc porteur d’un modèle de gouvernance locale qui a fait ses preuves dans les grandes démocraties, constitue une initiative courageuse à saisir pour clore définitivement la question du Sahara et s’engager dans l’édification du Maroc moderne, stable et prospère, a-t-il conseillé.

Mokhtar Haidara, universitaire ivoirien et président de la « Fédération mondiale des amis du Sahara », part du rêve que caresse l’élite africaine actuellement avec le grand projet des « Etats Unis d’Afrique », pour s’indigner contre les tendances séparatistes sur le continent, « fruit venimeux des semences de l’impérialisme colonial ».

C’est une hérésie de parler actuellement du morcellement des Etats à un moment où les sages du continent plaident stabilité, paix, union et intégration, s’insurge-t-il. Je connais le niveau de développement des provinces du sud du Maroc et je ne crois pas qu’une telle performance puisse être réalisée par un micro-Etat qui serait plutôt voué à être un foyer de précarité, d’insécurité et d’instabilité pour toute la région, a-t-il affirmé.

Francisco Carnillo, psychiatre et militant des mouvements sociaux en Espagne, cite, quant à lui, l’exemple de l’Espagne et des autres pays européens qui ont relégué aux oubliettes les conflits séparatistes avec l’édification de l’espace de la communauté européenne.

En Espagne, les diversités régionales et culturelles sont arrivées à cohabiter parfaitement dans le modèle de gouvernance régionale qui assure la reconnaissance des spécificités sous la même souveraineté.

La proposition d’autonomie proposée par le Maroc pour régler la question du Sahara dispose de beaucoup de similitudes avec le modèle de la gestion territoriale espagnole et j’estime que c’est la meilleure voie pour régler ce conflit de façon équitable et juste, a-t-il estimé.

Sincèrement je ne crois pas qu’une petite entité territoriale indépendante aurait pu atteindre séparément le niveau de développement et de prospérité actuel que connait l’ensemble du territoire espagnol, a-t-il dit, précisant qu’il ne saurait pas être autrement en Afrique. Et de conseiller pour le continent une convergence vers l’union et l’édification d’espaces économiques régionaux comme c’est le cas en Europe.

Malgré une mission de propagande menée par une poignée de mercenaires du polisario épaulés par des lobbys hostiles aux intérêts du Maroc, le Forum Social Mondial de Dakar, un espace de réflexion pour un meilleur monde, n’a donné aucun écho aux chantres d’une « cause » d’un autre âge. Des voix sincères se sont élevées pour dire « non » au séparatisme et aux tentatives de morcellement de pays souverains.

 

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