Des nouvelles installations nucléaires nord-coréennes sèment le trouble

Des nouvelles installations nucléaires nord-coréennes sèment le trouble

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Siegfried Hecker, un professeur de l’université Stanford qui a auparavant dirigé le laboratoire nucléaire national de Los Alamos, a visité le 12 novembre cette nouvelle installation.

L’usine est située sur le site nucléaire de Yongbyon, dont la Corée du Nord a annoncé le redémarrage après les sanctions imposées par l’ONU l’an dernier.

Les autorités nord-coréennes ont affirmé au scientifique que les centrifugeuses étaient destinées à produire de l’uranium faiblement enrichi pour alimenter un nouveau réacteur expérimental à eau légère actuellement en construction, écrit-t-il dans son rapport disponible en ligne.

M. Hecker a toutefois raconté au New York Times qu’il avait été « stupéfait » par la sophistication de la nouvelle installation et qu’il en avait fait part à la Maison Blanche.
« Contrairement aux autres installations nucléaires du site de Yongbyon, l’usine d’enrichissement d’uranium est ultra-moderne et propre », note-t-il dans son rapport.

Les autorités nord-coréennes affirment que l’usine, construite avec des composants fabriqués dans le pays, compte 2.000 centrifugeuses. Le scientifique américain reconnaît en avoir vu « plus de 1.000″.
Si cette nouvelle installation ne semble pas conçue pour un usage militaire, l’enrichissement de l’uranium peut cependant être facilement porté à un taux suffisant pour fabriquer des armes nucléaires, rappelle Siegfried Hecker.

« Il est possible que Pyongyang cherche avant tout à produire l’électricité dont il a tant besoin », écrit-il. « Pourtant, le potentiel militaire de la technologie de l’uranium enrichi est réel ».
La Corée du Nord a déjà l’arme atomique, mais les deux engins qu’elle a fait exploser lors de tests étaient fabriqués avec du plutonium. En 2009, le pays s’est retiré des pourparlers à six (Etats-Unis, Russie, les deux Corées, Chine et Japon) visant à faire renoncer le régime communiste à ses ambitions nucléaires en échange d’une importante aide énergétique.

Ces révélations interviennent alors que l’envoyé spécial américain pour la Corée du Nord, Stephen Bosworth, devait arriver dimanche en Asie pour discuter de la façon de reprendre les pourparlers.
Elles n’ont pas manqué de susciter l’inquiétude à Washington. Pour le chef d’état-major interarmées, l’amiral Michael Mullen, cela montre « l’attitude « belliqueuse » de Pyongyang.
« De mon point de vue, c’est encore une fois la Corée du Nord qui suit une voie déstabilisante pour toute la région », a déclaré dimanche l’amiral.
Il a appelé à « continuer à mettre la pression sur la Corée du Nord » qui « souffle le chaud et le froid » avant une éventuelle reprise des pourparlers.
Pyongyang « prend une direction pendant un moment puis fait marche arrière. En ce moment, j’ai clairement l’impression qu’il est en marche arrière ».

C’est une « nouvelle provocation » qui « contredit » les promesses et engagements pris par Pyongyang, a affirmé de son côté à l’AFP un haut responsable du gouvernement américain.

Le démocrate John Kerry, à la tête de la commission des Affaires étrangères du Sénat américain, a pour sa part qualifié ces révélations de « troublantes » et appelé les Nations unies et la Chine à renforcer l’application des sanctions.

AFP

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