Des partisans de Ben Ali impliqués dans les exactions, affirme un témoin

Des partisans de Ben Ali impliqués dans les exactions, affirme un témoin

202
0
PARTAGER

Ce diplomate, qui a personnellement assisté à une scène de violences contre des civils dans le centre de Tunis samedi avant l’aube a raconté, sous le couvert de l’anonymat, ce qu’il a vu à l’AFP.

 

Son témoignage constitue l’indication la plus claire jusqu’ici de l’implication de partisans du président en fuite, dont des membres des forces de sécurité, dans la vague d’attaques contre des civils, la nuit, et alors qu’un couvre-feu est imposé à la ville en vertu de l’état d’urgence décrété vendredi.

« J’ai vu des gangs qui fracassaient des portes pour faire sortir des personnes et les tabasser dans la rue. Ces gangs étaient constitués de policiers en civil et en uniforme et d’individus non identifiés armés de chaînes métalliques, de bar de fer et de gourdins », a raconté ce diplomate. « Un des policiers m’a expliqué qu’il s’agissait de partisans de Ben Ali convaincus de son retour », a-t-il ajouté.

Il a déclaré avoir assisté à ces scènes dans la rue Kamal Attaturk, à quelques dizaines de mètres de l’Avenue Bourguiba dans le centre de Tunis. Ce diplomate était sorti dans Tunis négocier la sortie d’une cinquantaine de personnes réfugiées depuis vendredi après-midi dans un immeuble, dont deux journalistes du journal français Le Monde, Isabelle Mandraud et Catherine Simon.

Il a indiqué avoir réussi à ramener les deux correspondantes dans les locaux de l’ambassade, Avenue Habib Bourguiba et obtenir auprès de policiers rencontrés sur place l’assurance que les civils seraient libérés. Ces personnes ont été emmenées au ministère de l’Intérieur, selon lui.

Jusqu’ici, de nombreuses informations laissaient supposer l’implication de partisans de Ben Ali dans les violences qui se sont intensifiées après son départ vendredi, touchant de nombreuses banlieues de la capitales. Le président de la Ligue Tunisienne de défense des droits de l’Homme (LTDH) Mokhtar Trifi a estimé que les bandes de casseurs étaient formées de « commandos téléguidés ayant pour objectif de discréditer les manifestants ».

Des habitants ont raconté que les casseurs circulaient parfois sous couvre-feu dans des voitures 4X4 sans plaques d’immatriculation ou des voitures de location reconnaissables à leurs plaques bleue.
De nombreux témoins ont évoqué la participation aux exactions de miliciens parti de Ben Ali le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), voulant déstabiliser le pays.

Face aux appels au secours de la population, le président par intérim Mohammed Ghannouchi a promis des renforts de l’armée pour sécuriser les quartiers et protéger la population.

L’armée a saisi des armes cachées dans les coffres de voitures de location conduites par des membres de gangs dans la cité Ettahir (ouest de Tunis) et à El Manar (nord), ont rapporté samedi deux témoins à l’AFP.

En province, des violences ont été signalées dans des villes du nord (Bizerte) du centre (Kairouan) et du sud (Gafsa), dont les habitants ont décrit un état d’insécurité, une population terrorisée et des saccages perpétrés par des individus camouflés en l’absence des forces de sécurité. « On les reconnaît bien, ce sont des gens du parti (RCD), ils circulent en voiture, sont organisés, ils cassent et sèment la panique sur leurs passages », a indiqué vendredi soir Ali, un habitant de Kairouan.

AFP

Commentaires