Maison A la une Des victimes parmi la police dans les manifestations antigouvernementales en Iran

Des victimes parmi la police dans les manifestations antigouvernementales en Iran

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Un policier iranien a été tué et trois autres ont été blessés par des tirs de fusil à Najafabad, dans le centre du pays. La République islamique est depuis cinq jours le théâtre de violentes protestations contre les difficultés économiques.

Un policier a été tué par balles lors d’une manifestation dans le centre de l’Iran, lundi 1er janvier. Il s’agit de la première victime au sein des forces de l’ordre.

« Un agitateur a profité de la situation dans la ville de Najafabad et tiré sur les forces de police avec un fusil de chasse. Trois (policiers) ont été blessés et un dernier est mort en martyr », a déclaré un porte-parole cité par la télévision publique, sans préciser quand avait eu lieu l’affrontement.

L’Iran est le théâtre depuis le 28 décembre de violentes protestations contre les difficultés économiques et le régime du président Hassan Rohani. Au total, treize personnes, dont dix manifestants, ont péri dans les violences qui ont émaillé les protestations. Des centaines de personnes ont été arrêtées, dont certaines libérées depuis.

Le mouvement de contestation, d’une ampleur inédite depuis la vague de manifestations contre la réélection de l’ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad en 2009, a fait descendre des dizaines de milliers d’Iraniens dans les rues.

« Le peuple répondra aux fauteurs de troubles et hors-la-loi »

« Le peuple iranien répondra aux fauteurs de troubles et hors-la-loi », a réagi, lundi, le président Hassan Rohani après cette nouvelle nuit de manifestations, en qualifiant les protestataires de « petite minorité qui (…) insulte les valeurs sacrées et révolutionnaires ».

« Notre économie a besoin d’une grande opération de chirurgie, nous devons tous être unis », a-t-il ajouté dans un communiqué, insistant sur la détermination du gouvernement à « régler les problèmes de la population », en particulier le chômage

Le président Hassan Rohani a notamment reconnu que l’Iran devait fournir « un espace » pour que la population puisse exprimer ses « inquiétudes quotidiennes », mais il a condamné les violences et la destructions des biens publics. « Critiquer, c’est totalement différent que d’utiliser la violence », a-t-il souligné. « Il faut même créer les conditions pour la critique, les protestations légales, y compris des manifestations et des rassemblements légaux. C’est le droit du peuple. »

Élu pour un second mandat en mai 2017, Hassan Rohani a permis à l’Iran de sortir de son isolement avec la levée de sanctions internationales qui avaient été imposées pour dénoncer les activités nucléaires sensibles du pays. Cette levée de sanctions avec la signature d’un accord historique avec les grandes puissances sur le programme nucléaire iranien avait fait espérer aux Iraniens une amélioration de la mauvaise situation économique, mais les fruits de cet accord se font toujours attendre.

 

 

 

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