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Après celui de l’analphabétisme qui toucherait plus de 8 millions de la population marocaine, le dernier recensement de la population dont les résultats viennent d’être dévoilés un an après sa tenue, deux autres indicateurs importants doivent être retenus.

Au niveau social tout d’abord, le haut Commissariat au Plan révèle que 5 millions de marocains vivent en deçà du seuil de pauvreté. Si l’on se réfère aux critères établis par l’ONU qui évalue ce seuil à moins d’un dollar, il faut en déduite que plus d’un sixième de la population vit avec moins de dix dirhams par jour, un constat très difficile à accepter mais que beaucoup d’économistes nationaux et d’experts internationaux partagent dans différentes études plutôt objectives. La pilule est très dure à avaler surtout que le discours officiel nous a habitué à masquer cette réalité avec des analyses tronquées.

Le deuxième indicateur à retenir concerne cette fois-ci la langue « amazigh » que le dernier recensement estime parlée par moins d’un tiers des marocains. C’est peu par rapport à une langue considérée comme quasi officielle qui a toujours du mal à être partie intégrante du système d’enseignement général en raison de plusieurs blocages qui entravent sa généralisation dans les écoles en raison, dit-on d’un manque d’enseignants qualifiés susceptibles de couvrir tout le territoire national. De quoi animer les militants de la langue et la culture « amazigh » d’un sursaut revendicatif pour que cette question reste élevée à un rang prioritaire, malgré de réelles avancées.

Ce recensement a le mérite d’apporter en tout cas des éclairages édifiants.

Par Jalil Nouri

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