Dialogue de sourds entre Veolia et la municipalité de Nador

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-Par Said Youssi-

Face à l’amoncellement des déchets dans les différentes avenues et au ras-le-bol grandissant des habitants, les deux parties campent toujours sur leurs positions et se rejettent la responsabilité. Si la mairie reproche à Veolia-Nador sa « mauvaise gestion » et « son manque de savoir-faire », celle-ci dénonce, quant à elle, « un mauvais payeur » et réclame 35 millions de dirhams d’impayés à fin avril dernier.

+La collecte des déchets de Nador dans l’impasse+.

Le différend entre la société et le conseil municipal semble atteindre un point de non retour. Dans une mise en demeure adressée, le 2 juin dernier, à la société, la mairie n’est pas allée par quatre chemins : elle a menacé de résilier le contrat de la gestion déléguée « si Veolia n’est pas en mesure de respecter ses engagements ».

Dans un entretien à la MAP, le président du groupement des communes pour l’environnement et maire de Nador, Tareq Yahya dit avoir épuisé toutes les voies pour amener le délégataire à remplir ses engagements et respecter le cahier des charges, faisant état notamment de défaillance dans les prestations de collecte, de non remplacement des engins et conteneurs détériorés et de non respect des horaires de passage des camions.

« Veolia-Nador est dans l’incapacité de remplir les clauses de son contrat sur les plans technique et humain », a souligné M. Yahya, dénonçant une gestion d’un « bas » niveau et d’un « amateurisme » ayant donné lieu à 5.000 pénalités qui se chiffrent à des millions de dirhams à l’encontre de la société.

M. Yahya a précisé qu' »aucune facture justifiée à ce jour n’est en suspens de paiement ». En ce qui concerne les 22 millions de dirhams que Veolia réclame pour le balayage, Yahya avance que les décomptes présentés par la société n’ont pas été certifiés par les agents de la commune et par conséquent le groupement ne peut payer des montants « non justifiés » et « exagérés » pour des services qui, éventuellement, n’ont pas été réalisés.

Pour sortir de cette impasse, M. Yahya évoque la possibilité de recourir aux prestations d’un nouveau concessionnaire.

Une correspondance de Veolia datée du mois de juin dernier et dont la MAP a reçu copie met en évidence les difficultés qu’éprouve la société dans sa mission dans le Grand Nador.

La société dit n’avoir « perçu aucun règlement des prestations (…) et la dernière facture payée pour les services de collecte date d’octobre 2010″, ajoutant que « malgré nos relances successives pour recouvrir les montants qui nous sont dus, nous ne recevons aucune réponse à l’exception d’un courrier évoquant la difficulté à répartir les sommes entre les communes du Groupement et l’expression de reprendre en interne la prestation de nettoiement ».

Après avoir mis l’accent sur « le très lourd préjudice subi » qui impacte la trésorerie globale de Veolia Propreté Maroc, la société indique que le groupement lui doit à fin avril 2011 une somme supérieure à 35 MDH et qu’elle se trouve dans « l’impossibilité d’honorer ses propres paiements et l’entretien de ses équipements s’en trouve gravement affecté ».

En l’absence d’une solution rapide à ce problème, la société menace de procéder à « des ajustements drastiques afin de diminuer ses charges d’exploitation », plus encore elle s’est dite disposée « à discuter des conditions amiables du retrait (…) de ce contrat si telle est la volonté du président du groupement ».

+La conduite des citoyens ne facilite pas les choses+.

Dans l’attente que les deux parties parviennent à régler leur différend, les habitants du grand Nador continuent de souffrir et leur mécontentement est de plus en plus grand. Il ne se passe pas un jour sans qu’il y ait des protestations ici ou là réclamant l’amélioration des prestations et la propreté dans la ville et sa région.

Mais, d’aucuns estiment que les habitants ont, quand même, leur lot de responsabilité en ce qui concerne l’état dans lequel se trouvent leur ville. Outre une production d’ordure supérieure à la normale, beaucoup de citoyens ne respectent pas les horaires de passage des camions. Conséquence : les bennes à ordures réparties à travers l’ensemble du territoire du grand Nador se trouvent, en milieu de journée comme dans la soirée, pleines à craquer.

Pour examiner les questions en suspens, une réunion devra rassembler incessamment les deux parties pour chercher « une sortie à l’amiable à la crise » et par la même occasion examiner les modalités de gestion de la phase transitoire.

A croire son président, le groupement vient de lancer un appel d’offre pour la sélection d’une nouvelle société qui sera chargée, pendant la phase transitoire, de la collecte et du transport des ordures et déchets ménagers vers la décharge à défaut d’un accord avec l’actuel délégataire pour assurer cette tâche.

L’ouverture des plis est prévue pour le 16 août, précise le président du groupement.

 

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