Dix ans après le 11-Septembre, l’Arabie Saoudite veut combattre la pensée extrémiste

Dix ans après le 11-Septembre, l’Arabie Saoudite veut combattre la pensée extrémiste

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« Il y a eu de grands changements en Arabie saoudite », affirme Salwa Noggali, professeur à l’Université du roi Saoud à Ryad, en particulier dans la modernisation des programmes scolaires.
Quinze des 19 auteurs des attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis étaient Saoudiens, ce qui avait provoqué une vague d’accusations contre le système d’éducation saoudien, accusé d’encourager l’extrémisme islamiste.
Les Etats-Unis avaient fait pression au début des années 2000 sur les autorités saoudiennes pour un remaniement des manuels scolaires, qui contenaient selon eux des incitations au terrorisme et à l’extrémisme.
De fait, des passages encourageant le jihad (guerre sainte de l’islam) et pourfendant les « kouffar » (impies) ont disparu des manuels scolaires dans le royaume, où l’éducation religieuse constitue une part importante du cursus scolaire.
Dans le même temps, les autorités ont oeuvré à limiter l’influence des religieux les plus extrémistes, dans un pays où la religion régit les moindres aspects de la vie quotidienne.
En 2010, le roi Abdallah d’Arabie saoudite a publié un décret autorisant uniquement les membres du Conseil des hauts oulémas à promulguer des fatwas (avis religieux).
Les autorités ont en outre mobilisé les religieux. En avril 2010, une conférence rassemblant des oulémas du monde entier dans la ville sainte de Médine a dénoncé « le terrorisme » et appelé les extrémistes à abandonner toute forme de violence, invitant dans le même temps les jeunes à suivre un islam « modéré et tolérant ».
« Le fait que 15 des 19 des pirates de l’air étaient Saoudiens ne signifie pas que l’Arabie saoudite soit liée au 11-Septembre, car l’organisation Al-Qaïda n’est pas saoudienne et nous avons payé le prix fort du terrorisme », affirme la journaliste Walaa Hawari.
Entre 2003 et 2006, l’Arabie saoudite a été le théâtre d’une vague d’attentats revendiqués par le réseau Al-Qaïda, qui ont fait entre 150 et 200 morts saoudiens et les étrangers.
Les forces de sécurité ont ensuite porté une série de coups durs au réseau, qui a été neutralisé en grande partie dans le royaume.
Mais les autorités ont aussi lancé en 2006 un programme de réhabilitation des extrémistes arrêtés dans le royaume ou à l’étranger. Ce programme, qui revendique un taux de réussite de 90% selon Ryad, consiste à offrir aux anciens détenus un enseignement religieux et un soutien financier.
« Les lois de l’Arabie saoudite sont basées sur la charia (loi islamique), et elle a prouvé par sa lutte contre le terrorisme au cours des dix dernières années qu’aucune religion ne tolérait le terrorisme », affirme Ahmad al-Ibrahim, universitaire spécialisé dans les relations saoudo-américaines.
M. Ibrahim en veut pour preuve l’initiative lancée par le roi Abdallah en juillet 2008 pour le dialogue entre les religions monothéistes, même si l’Arabie saoudite reste le seul pays arabe à interdire sur son sol toute pratique religieuse autre que celle de l’islam.
Mais les efforts du royaume ne sont pas suffisants, selon certains analystes.
Pour Abdel Hamid al-Ansari, ancien recteur de la faculté de théologie du Qatar, « les tribunes à travers le monde musulman continuent à répandre une culture de la haine ». Il estime nécessaire d’effectuer « une remise en cause du discours religieux », et « d’éloigner » les extrémistes « des postes de responsabilité, des écoles, des mosquées et des médias ».
« Les sociétés arabes pratiquent toujours la politique de l’autruche et ne veulent pas reconnaître l’amère vérité, à savoir que le terrorisme est un phénomène qu’elles ont engendré », déplore ce théologien.

 

AFP_______________________

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