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Considéré comme un engagement citoyen et un élan de solidarité envers les malades, le don du sang devrait surtout s’ériger en coutume dans la culture des Marocains,

en vue de subvenir en permanence aux besoins nationaux en cette substance vitale.

Chaque jour, de nouvelles situations surgissent où une transfusion sanguine reste la planche de salut pour sauver une vie humaine, de l’enfant atteint de leucémie au grand-père cancéreux, en passant par le jeune victime d’accident de la route ou encore la femme en hémorragie lors d’un accouchement difficile. La fidélité des donneurs et la régularité de cet acte altruiste sont indispensables pour maintenir les stocks de produits sanguins, compte tenu de leur caractère périssable. Certaines maladies sanguines exigent des transfusions régulières et des quantités importantes de sang. Une leucémie aigue, à titre d’exemple, peut nécessiter jusqu’à 40 poches, soit 40 donneurs par jour.

Au niveau national, le stock comptait jusqu’au 27 novembre dernier 7.481 poches de sang, ce qui correspond à 10 jours de consommation, a déclaré à la MAP le directeur du Centre national de transfusion sanguine (CNTS), Mohamed Benajiba. Le Maroc, explique-t-il, est actuellement en « phase verte » qui correspond à un stock couvrant les besoins de plus de 7 jours. La « phase jaune » renvoie plutôt à une consommation variant entre 2 à 7 jours et la « phase rouge », elle, est inférieure à deux jours.

Toutefois, lors de certaines périodes critiques, en l’occurrence les vacances scolaires, le mois de Ramadan et la période estivale, le Centre peine à surmonter les problèmes de pénurie du sang, « dans la mesure où la matière première provient d’une source qui ne dépend pas de nous », martèle M. Benajiba.

Les besoins les plus importants sont généralement enregistrés au niveau des grandes villes disposant d’un Centre hospitalier universitaire (CHU) et qui connaissent, par conséquent, un niveau de consommation élevé, en particulier Casablanca, Rabat, Marrakech et Fès.

« Un don régulier est notre point faible », se lamente M. Benajiba. « Les Marocains, poursuit-il, sont généreux et conscients de l’importance du don du sang, mais n’ont pas encore acquis la culture de prendre des initiatives régulières ».

Actuellement, la part des donneurs réguliers, qui le font au moins une fois par an, est de 15 pc, un pourcentage en deçà des attentes du CNTS qui s’est fixé pour objectif d’atteindre un taux de 30 pc de dons réguliers d’ici fin 2016, en s’investissant auprès des donneurs pour les « fidéliser ».

La Journée nationale du don de sang (5 décembre) constitue une occasion pour rallier de nouveaux volontaires dont le nombre ne cesse d’augmenter chaque année pour atteindre près de 300.000 donneurs en 2014. Elle se veut également une opportunité pour rendre hommage à celles et ceux qui, volontiers, offrent leur sang pour contribuer à la sauvegarde de vies humaines.

Mustapha Yaakoubi est l’un des donneurs fidèles du Centre régional de transfusion sanguine de Rabat. Cet étudiant universitaire se porte volontaire jusqu’à quatre fois par an. Interrogé par la MAP, il explique que le don du sang représente, pour lui, « un devoir national pour sauver des vies qui en dépendent, sans oublier ses bienfaits sur la santé ».

« C’est la deuxième fois que je me rends à un centre de transfusion », confie un jeune de vingt ans qui y voit avant tout « un acte de citoyenneté à l’égard d’autrui ».

D’après M. Benajiba, « si chaque personne donne trois fois par an, on atteindra 900.000 dons, ce qui permettrait de constituer un stock de sécurité couvrant les besoins de sang de 3 à 4 semaines et de répondre ainsi à l’ensemble des demandes ».

Les jeunes âgés entre 18 et 30 ans, les étudiants et les fidèles des mosquées sont les catégories de la population qui se prêtent le plus à l’exercice, précise-t-il.

Concernant la sécurité transfusionnelle, le donneur subit un examen médical indispensable durant lequel le médecin détecte d’éventuelles contre-indications qui pourraient mettre en péril sa santé, explique M. Benajiba, ajoutant que tous les dons sont qualifiés à l’aide de réactifs dont la sensibilité atteint 100 pc, de manière à assurer la protection du patient vis-à-vis des risques liés aux maladies transmissibles par le sang.

La transfusion est ciblée. Le sang subit, en effet, une séparation systématique permettant de produire trois composantes: les concentrés de globules rouges, les concentrés de plaquettes et le plasma frais congelé. De cette manière et en fonction de la pathologie du receveur, seul l’élément manquant est transfusé.

Le sang humain est le meilleur cadeau à offrir aux malades puisqu’il n’existe aucun produit capable de se substituer complètement à cette matière vitale. De ce fait, le don ne doit pas être suspendu à des initiatives irrégulières stimulées par les campagnes ou les appels au don, mais doit surtout être un rendez-vous ponctuel, afin de remédier au déficit dont peuvent souffrir, à tout moment, les stocks des centres de transfusion sanguine. Soyons donc généreux et assidus !

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