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Une minute de silence sera observée lundi à 12h00 partout en France, où les drapeaux vont également être mis en berne jusqu’à mardi, en hommage aux victimes des attentats de Paris.

C’est en quelques sortes une «prière laïque». Elle permet à un groupe, une société, une nation de se recueillir au même moment. À l’instar du deuil national, la minute de silence peut être décrétée par le chef de l’État pour l’ensemble du pays.

En France, la première minute de silence «officielle» date du 11 novembre 1919, à l’occasion du premier anniversaire de l’armistice. La loi relative à ce sujet a été votée quelques jours avant les célébrations de la fin de la Grande guerre, le 25 octobre 1919, et promulgué par le président du Conseil Raymond Poincaré. Elle doit servir de commémoration et glorification des morts pour la France. À l’origine, elle est uniquement destinée à l’anniversaire de l’armistice.

Désormais démocratisée, le procédé a perdu son sens originel. En 2012, une loi est venue moderniser la minute de silence en la destinant à «tous les morts pour la France, d’hier comme ceux d’aujourd’hui, civils et militaires».

Les minutes de silence s’observent désormais dans des moments symboliques divers. Elles ont lieudans les stades lors de grandes rencontres sportives, au Parlement lors de séance plénière. Lundi midi, tous les lieux publics devront respecter ce moment de recueillement, dans les entreprises, les établissements scolaires, les administrations. Les transports en commun ont coutume de s’arrêter exceptionnellement aussi le temps d’un instant, comme ça avait déjà été le cas le 8 janvier dernier, au lendemain des attentats contre Charlie Hebdo.

Parmi les minutes de silence solennelles marquantes, on compte aussi celle qui s’est observée autour des chefs d’États réunis à Paris le 11 janvier ou encore le 20 mars 2012, en hommage aux victimes de la tuerie de Toulouse. Dernièrement, une minute de silence avait été rendue par les députés en hommage aux victimes des attentats de Tunis ainsi qu’à celles de l’accident de car en Gironde. Trois minutes de silence avaient également été observées en France, comme dans de nombreux autres pays, le 14 septembre 2001, trois jours après les attentats du World Trade Center à New York.

Chaque pays a sa tradition. Au Royaume-Uni par exemple, la minute de silence dure en fait deux minutes. L’une est en hommage aux morts, l’autre aux survivants.

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