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La justice française a ouvert cet été une enquête préliminaire contre l’ex-directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, pour escroquerie et abus de biens sociaux en lien avec son ancienne société d’investissement luxembourgeoise en faillite, a-t-on appris vendredi de source judiciaire.

Cette enquête a été ouverte le 28 juillet à la suite de la plainte d’un ancien actionnaire, selon la radio France Inter et Le Parisien magazine qui ont révélé l’information.

L’ancien patron du Fonds monétaire international a enchaîné depuis quatre ans les démêlés judiciaires liés à des scandales sexuels, qui l’ont contraint à quitter le FMI et mis fin à sa carrière politique.

La plainte au centre de cette nouvelle affaire avait été déposée le 30 juin par un ancien actionnaire de la société d’investissement LSK, Jean-François Ott, qui affirme avoir souscrit une augmentation du capital de LSK de 500.000 euros. Persuadé qu’on lui a présenté, en amont de cet investissement, une situation financière de LSK qui n’était pas conforme à la réalité, il a porté plainte pour « escroquerie », « abus de biens sociaux » et « faux » .

A la suite de cette plainte, une enquête préliminaire a été ouverte cet été contre les anciens administrateurs de LSK, dont Dominique Strauss-Kahn, a confirmé à l’AFP la source judiciaire.

Depuis, selon France Inter et Le Parisien Magazine, « une seconde plainte a été déposée par un ex-banquier macédonien ». La radio ajoute que l’avocat de Dominique Strauss-Kahn, Jean Veil, explique que son client n’avait pas de « rôle opérationnel » dans le groupe et a lui-même été trompé.

Les enquêteurs doivent entendre le plaignant, Jean-François Ott, pour lui faire préciser les termes de sa plainte, a précisé à l’AFP la source judiciaire. Se posent en effet des questions de compétence du tribunal de grande instance de Paris, les infractions présumées visées ayant au moins pour partie été commises à l’étranger, selon cette source.

« La première question que devra se poser la brigade financière de la Police judiciaire de Paris, qui a été saisie de l’affaire, est : comment ont été dilapidés les 100 millions d’euros aujourd’hui réclamés par 156 créanciers de multiples nationalités ? » écrit France Inter sur son site.

LSK, dont Dominique Strauss-Kahn voulait faire un fonds spéculatif de 2 milliards de dollars, a été déclarée en faillite en novembre 2014, quelques semaines après le suicide à Tel Aviv de son fondateur et dirigeant, Thierry Leyne. DSK avait quitté la présidence de LSK quelques jours avant ce décès.

Selon France Inter et Le Parisien magazine, « DSK a pris la tête d’un groupe à la gestion douteuse. A l’été 2013, soit un mois avant son arrivée, elle affiche déjà une perte de 13 millions d’euros. Sa principale filiale, Assya Luxembourg a du mal à payer ses notes de téléphone, d’électricité, de fournitures de bureau… ».

« Plutôt que de placer l’argent des clients sur le marché, Assya Luxembourg outrepasse ses mandats de gestion et l’investit en partie dans des actions « maisons ». En clair : elle rachète les titres de ses filiales pour en faire monter artificiellement le cours », a révélé l’enquête journalistique.

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