Durban telle que je l’ai vécue…j’ai aimé, je partage.

Durban telle que je l’ai vécue…j’ai aimé, je partage.

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A chaque fois que je me retrouve en République d’Afrique du Sud, je ne peux ne pas me rappeler un grand moment d’avril 1992. Primo Nebiolo alors président  de l’iaaf avait décidé d’attaquer de front  l’apartheid en amenant  courir ensemble noirs et blancs, à Germiston une banlieue chic de Johannesburg. C’était inimaginable dans le pays de la ségrégation et de l’atrocité  institutionnalisées. Ce fut là la condition opposée à ce pays pour réintégrer l’Iaaf.
L’apartheid vivait alors ses derniers moments.
J’avais été chargé de composer le plateau. Lahmadi Meryem Nadia Zetouani, Nezha Bidouane et feu Haj Mohamed Issengar avaient alors représentés le Maroc parmi un contingent d’une soixantaine d’athlètes africains.
Qu’elle ne fut ma stupeur quant  à l’entrée du stade, j’ai vu le public divisé  en deux: Les blancs côté tribune, les noirs côté pelouse.
L’ambiance était pesante.
On ne  respire pas bien dans une atmosphère pareille.
Je revois encore la liesse côté pelouse justement, quand pour la première épreuve au programme, Nezha Bidouane, à ses débuts de grande athlète, allait damer le pion à une athlète blanche sud-africaine. Le nombreux public noir l’a fêté comme pas possible.
Ce fut simplement leur victoire à tous.
Ce grand moment de l’histoire, n’a  d’égale que celui vécu lors du meeting organisé à Sarajevo en pleine guerre de Bosnie, encore une idée de feu Nebiolo. J’aurais l’occasion de revenir dessus à une autre occasion.
Cette fois ci, j’étais en Afrique du Sud pour le compte des 20emes championnats d’Afrique seniors d’athlétisme.
Les choses ont changé. Il n’y a plus d’espaces interdits aux noirs, il n’y a plus de discrimination tout au moins en apparence. Les noirs sont visibles partout et vivent enfin libres dans leur pays.
J’étais à Durban, ville côtière d’une beauté impressionnante. L’espace y est occupé intelligemment. Tout est bien agencé. La côte et les plages en particulier. Un véritable espace de vie et de loisirs: propre, bien aménagé, vivant, accueillant au point qu’on ne peut s’imaginer que voilà peu de temps les autochtones ne pouvaient fouler ces lieux.
Aujourd’hui ils profitent de ce standing de vie, libres et fiers. Les plus petits pataugent dans les bassins gratuits et les grands courent, font du vélo, marchent ou s’adonnent à la pêche. D’autres exposent leur corps sous un soleil radieux. Nous sommes en plein climat méditerranéen. Le climat est la bas très proche du notre.
J’en reviens impressionné par le poids du sport dans cette ville. La population ne respire que par le sport: le rugby, la course à pieds et le cricket en premier. Dans un même périmètre vous avez deux grands stades, un stade d’athlétisme, une grande piscine couverte, une grande salle et des dizaines d’hectares d’espace gazonnés libres d’accès. Qui veut courir, qui veut jouer au foot, qui au rugby.
Sur la corniche, aménagée avec goût sur des kilomètres, à laquelle s’intègre parfaitement le grand stade de football construit pour la coupe du monde, qui sur un vélo, qui court, qui marche, qui sur un skate ou autre. Sur la plage, le volleyball et le cerf volant soit rois. En mer des dizaines et des dizaines de surfeurs, jeunes et moins jeunes scrutent les bonnes vagues.
Une ville de sport.
Tout y est: les infrastructures, la gentillesse des gens et leur amour pour le sport.Je comprend maintenant pourquoi Durban a été choisie pour accueillir les jeux du Commonwealth en 2022 et pourquoi elle a la prétention de se porter candidate pour les jeux olympiques.
Cette ambiance d’exception nous a permit de réussir l’un des meilleurs championnats d’Afrique de l’histoire. La participation a atteint un record en nombre d’athlètes. Il y eu 3 meilleures performances mondiales et pas moins de 13 records des championnats.
Côté marocain, la satisfaction est venue de Fouad ElKaam qui a fait perdurer la tradition en remportant les 1500m. Rabab Arafi aux 1500m et Malika Akkaoui aux 800m ont eu le grand mérite de remporter chacune une médaille d’agent derrière la super-puissante Caster Semenia, imbattable. Nisrine Dinar au saut à la perche et Mohamed Koussi aux 110m haies ont réussit chacun une médaille de bronze.
L’image forte pour moi est cette équipe d’Afrique du sud de relais 4×100 dames composée d’une black, d’une brune, d’une blonde et d’une hindou. Les mentalités ont évolué.
Durban restera dans les anales.
Nos élus des villes côtières et autres décideurs concernés par l’aménagement de nos côtes  et plages devraient aller regarder de ce côté ci de l’Afrique. C’est un peu loin mais ça vaut bien le détour. Durban est exceptionnelle par son urbanisme, ses aménagements et ses espaces verts à perte de vue.
Maintenant que nous avons à nouvel un ambassadeur en Afrique du Sud, nommé la semaine dernière d’ailleurs, cela serait plus facile…il y a vraiment de quoi s’inspirer.
Mais cela est une autre paire de manches.
Par Aziz Daouda

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