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Egypte: cinq morts, plus de 600 blessés dans des heurts entre pro et anti-Moubarak

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Deux autres personnes ont été tuées tôt jeudi matin dans des tirs contre des manifestants hostiles au régime sur la place Tahrir, ont rapporté des témoins.

 

Des tirs en provenance du pont d’Octobre, où sont positionnés les partisans du président Hosni Moubarak, ont par ailleurs fait de nombreux blessés, ont encore indiqué ces témoins.
Des tirs sporadiques ont commencé à se faire entendre vers 04H00 (02H00 GMT) et étaient toujours entendus une heure plus tard, a indiqué un correspondant de l’AFP sur place.

Le Département d’Etat américain a pressé mercredi soir les citoyens américains souhaitant quitter ce pays de se rendre « immédiatement » à l’aéroport pour y emprunter un vol du gouvernement américain, selon un communiqué officiel.
« Des vols américains supplémentaires après jeudi sont improbables », a averti le Département d’Etat.
Dans la soirée, le vice-président égyptien Omar Souleimane a appelé les manifestants à rentrer chez eux, comme l’avait fait l’armée en milieu de journée, prévenant que le dialogue proposé à l’opposition ne pouvait débuter avant l’arrêt des manifestations.

Le mouvement de contestation a appelé à une nouvelle manifestation massive vendredi, baptisée « vendredi du départ », dans laquelle elle entend réunir comme mardi plus d’un million de personnes, malgré la promesse de M. Moubarak de s’effacer à la fin de son mandat en septembre.

Dans la soirée, l’armée était déployée en masse aux alentours de la place Tahrir (place de la libération), immense esplanade dans le centre du Caire devenue depuis le 25 janvier le point de ralliement des manifestants anti-Moubarak, qui y campent par milliers chaque nuit malgré le couvre-feu.
Un journaliste de l’AFP a entendu au moins cinq coups de feu, sans qu’il soit possible d’en déterminer l’origine, et vu un jeune homme atteint à la poitrine.
Selon le ministère de la Santé, cité par la télévision d’Etat, trois personnes, dont un appelé de l’armée, ont été tuées et plus de 639 blessées, la plupart par des jets de pierres, dans les affrontements de mercredi.

Mercredi matin, des milliers de partisans du chef de l’Etat sont arrivés aux abords de la place. Après des heures de tensions, ils ont attaqué. Les heurts ont été d’une extrême violence, à coups de pierres, de bâtons, de barres de fer et parfois de couteaux.

Un enfant d’une dizaine d’années, touché à la tête, a été évacué inconscient.
Par endroits, les partisans du président ont chargé, montés sur des chevaux ou des chameaux, mais ils ont été repoussés. Certains, jetés à bas, ont été battus jusqu’au sang. Ils ont aussi jeté des blocs de pierre depuis des toits et des balcons d’immeubles surplombant la place.

La bataille a touché les abords du Musée égyptien, qui abrite des trésors inestimables de l’Antiquité pharaonique, mais les soldats ont formé une chaîne pour protéger l’établissement.
A l’exception de tirs de semonce en début d’après-midi, les militaires ne se sont pas interposés, tentant plutôt de s’abriter. Selon l’opposition, des policiers en civil se trouvaient parmi les pro-Moubarak, une information démentie par le ministère de l’Intérieur.
« Ce qu’on voit devant nous n’est jamais arrivé auparavant. Des accrochages entre Egyptiens, c’est la guerre civile », a déploré Mohamed Sayed Mostafa, 26 ans.
« L’armée a échoué dans son engagement à protéger les manifestants pacifiques. Le fait qu’une telle violence puisse continuer alors qu’ils se trouvent sur place pose la question de savoir s’ils ont reçu l’ordre de ne pas intervenir », a dénoncé Amnesty International.

Les médias ont été pris à partie. L’armée a dû intervenir place Tahrir pour secourir le caméraman d’une télévision canadienne que la foule menaçait de battre à mort. Et selon des témoins, des partisans de M. Moubarak se sont acharnés à coups de bâtons sur des journalistes qui quittaient la place.
En outre, la chaîne Al-Jazira est interdite depuis dimanche dans le pays, un journaliste belge a été molesté et arrêté mercredi, et trois journalistes israéliens ont été détenus pour ne pas avoir respecté le couvre-feu.

Dans un discours mardi soir à la télévision, M. Moubarak, au pouvoir depuis près de 30 ans, a annoncé qu’il ne briguerait pas de nouveau mandat lors de l’élection présidentielle en septembre.
Des centaines de personnes ont défilé mercredi dans plusieurs villes pour dire leur satisfaction après ce discours. « Maintenant, il faut le laisser tranquille, qu’il finisse son mandat. L’ex-gouvernement était composé de voleurs. Il sont partis, c’est bien », a déclaré Nadia Youssef Abdallah, 60 ans, à Suez (est).
Mais beaucoup n’étaient pas du même avis. Les Frères musulmans, principale force d’opposition, ont rejeté « toutes les mesures partielles proposées » par le président et refusé qu’il reste en poste jusqu’en septembre.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a jugé « inacceptables les attaques contre des manifestants pacifiques » et appelé à une « transition dans l’ordre et le calme ».
La chef de la diplomatie américaine, Hillary Clinton a demandé une enquête sur les violences. Et son porte-parole, Philip Crowley, a déclaré que les Etats-Unis « espéraient » que l’Egypte garderait à l’avenir « un rôle constructif » dans le processus de paix au Proche-Orient.
« Le temps est venu pour le président Moubarak de démissionner », a déclaré le sénateur américain John McCain, après un entretien avec M. Obama.

Selon un bilan non confirmé de l’ONU, les heurts de la première semaine de contestation auraient fait au moins 300 morts et des milliers de blessés.
AFP

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