Egypte: Gamal Moubarak teste sa popularité à un an de la présidentielle

Egypte: Gamal Moubarak teste sa popularité à un an de la présidentielle

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Les affiches présentant notamment Gamal Moubarak, 46 ans, comme « le rêve des pauvres » ont fleuri depuis quelques semaines sur les murs du Caire et d’autres villes égyptiennes, en même temps qu’était lancée une pétition intitulée « Oui à Gamal ».

Le PND a fermement démenti être derrière cette opération mise sur pieds par des organisations pro-Gamal officiellement non-affiliées au parti. Mais, dans les coulisses, un responsable du parti a confié à l’Associated Press que ces affiches étaient « un galop d’essai sur la popularité de Gamal dans la rue ».

Signe d’un probable feu vert donné par le PND, les forces de l’ordre ont laissé faire la campagne d’affichage, alors que la loi électorale prévoit que la campagne ne débute que très peu de temps avant le scrutin présidentiel, prévu à l’automne 2011.

« Tout ça a pour objectif d’apparaître comme un mouvement populaire spontané, mais la patte du PND est difficilement ratable », écrivait jeudi le journaliste Salama Ahmed Salama dans l’hebdomadaire en langue anglaise « Al-Ahram ». « Le silence présidentiel ne peut être interprété que comme un signe de consentement et de soutien ».

La campagne pro-Gamal pourrait aussi être le signe d’une bataille interne au PND pour la succession de Hosni Moubarak, 82 ans, et affaibli depuis son ablation de la vésicule biliaire en mars dernier en Allemagne. « C’est le signe que la question n’a pas encore été réglée en interne », estime Amr el-Chobaki, politologue au Centre d’études politiques Al-Ahram. Selon lui, les caciques du PND « savent que Gamal n’arrivera pas au pouvoir par le biais d’élections libres, mais par des arrangements internes ».

Car, si la question de sa succession se révèle de plus en plus urgente, Hosni Moubarak n’a toujours pas dit s’il briguerait un sixième mandat dans un an. Au pouvoir depuis 1981, le raïs égyptien a toutefois toujours affirmé qu’il s’accrocherait au pouvoir jusqu’à son dernier souffle.

Moubarak n’a jamais nommé de vice-président à ses côtés, et aucune figure politique de stature comparable ne se détache actuellement en Egypte. L’identité de son successeur dépendra donc en grande partie de sa propre décision, après consultations des dirigeants du PND, de l’armée et des services de sécurité. Le candidat du parti au pouvoir sera quasiment assuré de la victoire, les élections égyptiennes étant habituellement émaillées de vastes fraudes.

Parmi ces candidats possibles, Gamal Moubarak, donc. A 46 ans, cet ancien banquier d’affaires est le No2 du PND et dirige son influent bureau politique, en plus de piloter le programme de libéralisation économique de l’Egypte. Son noyau de partisans est donc plus à trouver dans les riches hommes d’affaires du pays que dans la rue, où plus de 40% de la population vit avec environ deux dollars (1,5 euro) par jour.

Au fil du temps, le fils du raïs a subtilement modifié son discours sur une éventuelle succession au palais présidentiel. Il y a quelques années, il affirmait ne pas être intéressé par les responsabilités politiques. Il a ensuite dit vouloir seulement réformer le PND. Avant de laisser ouverte la porte à une candidature si un courant la réclamait.

S’il se déclare, Gamal Moubarak devra certainement travailler son image. Un sondage lancé en mai par le PND n’a ainsi jamais été publié car sa cote de popularité se révélait extraordinairement basse.

Le quotidien indépendant « Al-Chorouk » s’était procuré un exemplaire d’une étude similaire conduite par le PND six mois plus tôt. Initialement prévue pour interroger plusieurs milliers de personnes dans huit provinces du pays, elle avait été arrêtée après seulement trois provinces: seulement 9% des 4.000 sondés exprimaient leur soutien à Gamal Moubarak, selon le quotidien. AP

 

 

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