Egypte: la détention préventive de Moubarak encore prolongée de 15 jours

Egypte: la détention préventive de Moubarak encore prolongée de 15 jours

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Un ancien ministre du Tourisme de M. Moubarak, Zoheir Garranah, a par ailleurs écopé de cinq ans de prison pour corruption, dans le cadre d’une vaste offensive en justice contre des responsables de l’ancien régime.

 

Deuxième ministre du régime Moubarak à être condamné, il était accusé d’avoir autorisé la vente en-dessous du prix du marché de terrains publics à deux hommes d’affaires, entraînant une perte de 51 millions de dollars pour l’Etat.

Le Procureur général Abdel Meguid Mahmoud a ordonné le renouvellement pour 15 jours de la détention préventive de M. Moubarak, « qui commencera à la fin de sa période de détention actuelle » le 12 mai.

Un porte-parole du Parquet général a précisé qu’une équipe d’enquêteurs s’était rendue mardi à l’hôpital de Charm el-Cheikh, où se trouve M. Moubarak, pour poursuivre les interrogatoires.

Le Procureur doit annoncer dans les prochains jours si M. Moubarak allait être jugé ou pas, selon une source de son bureau.

L’ex-président risque la pendaison s’il est reconnu coupable, avait affirmé fin avril le ministre de la Justice, Abdel Aziz al-Guindi.

M. Moubarak, 83 ans, chassé le 11 février par une révolte populaire ayant mis fin à trois décennies de pouvoir, avait été placé le 13 avril en détention pour des périodes de 15 jours renouvelables.

Il est poursuivi ainsi que ses deux fils Gamal et Alaa pour la violente répression du mouvement de contestation et est soupçonné de corruption.

M. Moubarak est soigné depuis le 12 avril à l’hôpital international de Charm el-Cheikh, station balnéaire du Sinaï, après avoir eu un malaise cardiaque pendant un interrogatoire.

Il est interrogé sur sa responsabilité dans la mort de manifestants lors de la révolte (25 janvier-11 février) et sur les contrats controversés de vente de gaz égyptien à Israël qui ont abouti à des pertes de plusieurs milliards de dollars pour le pays, selon le Parquet.

Selon un bilan officiel, 846 civils sont morts dans les manifestations. Un membre de la commission d’enquête sur la répression a indiqué que l’ex-président était complice dans ces violences.

L’ex-ministre de l’Intérieur Habib el-Adli est actuellement jugé pour avoir ordonné des tirs contre des manifestants, après avoir été condamné à douze ans de prison le 5 mai pour malversations financières.
Plus de deux mois après la chute de M. Moubarak, la pression reste forte en Egypte pour que l’ancien président et sa famille proche soient traduits rapidement devant un tribunal.

La justice avait demandé au ministère de l’Intérieur son transfert à la prison de Tora, à la périphérie sud du Caire, où se trouvent ses deux fils, détenus également pour des périodes de 15 jours renouvelables, ainsi que d’anciens ministres et hauts responsables du régime.

Mais le ministère a jugé que l’hôpital de la prison n’était pas suffisamment équipé pour faire face à une éventuelle dégradation rapide de son état de santé.

Le 10 avril, M. Moubarak était sorti pour la première fois de son silence pour se dire victime de « diffamation ». Dans une allocution sonore, il a défendu sa « réputation » et son « intégrité », assuré que ni lui ni son épouse Suzanne n’avaient de fortune à l’étranger et s’est dit prêt à coopérer avec la justice.
Début mai, la Suisse a bloqué quelque 410 millions de francs (320 millions d’euros) appartenant à M. Moubarak et son entourage.

AFP________________________

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