Égypte : l’armée appelée en renfort face aux manifestants

Égypte : l’armée appelée en renfort face aux manifestants

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La tension est maximale en Egypte qui a connu vendredi un tsunami de manifestants. Face à l’ampleur de la mobilisation et des accrochages entre protestataires et forces de l’ordre, le couvre-feu a été décrété au Caire, à Alexandrie et à Suez de vendredi 18 heures jusqu’à samedi 7 heures. Au quatrième jour de protestations, qui ont fait au moins huit morts dont deux policiers, des dizaines de milliers de personnes sont descendues vendredi dans les principales villes du pays, Le Caire, Alexandrie, Suez, Mansoura et Minia pour exiger le le départ du président Hosni Moubarak, au pouvoir depuis près de 30 ans. Les heurts avec les policiers, déployés en masse, ont été violents. Les forces de l’ordre, qui peinent à contenir les manifestants, ont tiré des gaz lacrymogènes, des balles caoutchoutées et des canons à eau pour les disperser.

Au Caire, la capitale, l’annonce du couvre-feu n’a pas calmé les manifestants, qui ont mis le feu au siège du Parti national démocrate (PND). Un commissariat et des voitures de police ont également été incendiés. Un van que les antirégimes veulent renverser dans le Nil, a subi le même sort.

Plus tôt dans la journée, des milliers d’Egyptiens en colère ont dévalé comme un torrent dans les rues, quadrillées par la police après la traditionnelle prière du vendredi, criant «Le peuple veut la chute du régime», «liberté ! liberté ! liberté !». Des dizaines de manifestants ont été blessés lors d’affrontements, notamment près d’une des résidences du président. La chaîne de télévision qatarie al-Jezira fait état d’au moins un mort. Deux commissariats ont été mis à feu. Près de la place de l’Opéra, des personnes revenaient en sang de confrontations avec les forces de l’ordre, qui les auraient battues. Un jeune homme marchant le torse nu a dévoilé son dos marqué d’impacts de balles en caoutchouc. Des accrochages ont éclaté devant une mosquée du centre de la ville, à l’issue de la prière hebdomadaire, qui rassemblait 2000 personnes dont l’opposant egyptien le plus en vue Mohamed ElBaradei. Dès la fin de la prière, les fidèles se sont mis à scander «A bas Hosni Moubarak». La police a immédiatement tiré en l’air des balles caoutchoutées et fait usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau afin de disperser la foule. Visé par ces tirs, Mohamed ElBaradei a dû se mettre à l’abri.

A Suez, un manifestant, un chauffeur de 30 ans, a été tué d’une balle dans la tête alors que la police tentait de disperser la foule qui prenait d’assaut le commissariat. Les manifestants ont aussi incendié huit voitures de police, mis le feu au poste du quartier d’Arbayine et fait main basse sur les armes qui s’y trouvaient.

A Alexandrie, des manifestants ont incendié le siège du gouvernorat. D’autres ont forcé l’entrée de l’enceinte d’un commissariat du centre-ville. Selon al-Jezira, une personne aurait été tuée et les antirégimes contrôleraient la plupart des rue de la deuxième ville du pays.

Hosni Moubarak devrait s’exprimer prochainement

Hosni Moubarak, silencieux depuis le début des manifestations mardi, devrait s’exprimer prochainement, affirme la chaîne américaine d’information CNN. Le président a chargé l’armée de faire respecter la sécurité avec la police et appliquer le couvre-feu. L’armée est jusqu’à présent bien vue des manifestants, qui comptent sur elle pour les protéger de la police anti-émeure. Au Caire, des protestataires ont appelé les militaires à rejoindre leur cause. Le président de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée, également membre du Parti national démocrate au pouvoir, a appelé le président à «des réformes sans précédent» pour éviter une «révolution» dans le pays.

Signe de la nervosité des autorités, la police a assigné à résidence l’opposant et prix Nobel de la paix Mohamed ElBaradei, ont annoncé des responsables égyptiens de la sécurité. Des policiers stationnant devant sa maison dans la banlieue du Caire lui ont dit qu’il ne pouvait quitter son domicile. Dans la matinée, alors qu’il assistait à la grande prière dans une mosquée du quartier de Gizeh, la police avait déjà tenté de contrôler ses déplacements. Le Nobel s’est dit prêt à mener une transition au pouvoir après un éventuel départ d’Hosni Moubarak.

Les arrestations se multiplient. Mille personnes ont été interpellées depuis le début des manifestations mardi. Au moins vingt membres des Frères musulmans ont été arrêtés dans la nuit de jeudi à vendredi. Parmi eux : cinq anciens députés et cinq membres du bureau politique. La première force d’opposition en Egypte participe désormais aux «manifestations de la colère». Les Frères musulamns n’avaient jusqu’ici qu’appuyé du bout des lèvres les manifestations, tout en laissant à leurs membres le choix d’y participer.

Internet coupé, journalistes entravés

Internet et les services de téléphonie mobile, qui ont joué un rôle-clé dans la mobilisation populaire, sont coupés dans le pays. Environ 88% du réseau n’est plus disponible en Egypte, estiment les experts pour qui l’ampleur de cette interruption est une première dans l’histoire d’Internet.

Plusieurs journalistes et photographes de médias occidentaux couvrant les cortèges du Caire ont été interpellés , frappés ou privés de leur matériel par les forces de l’ordre.Quatre reporters français, dont un journaliste du Figaro, ont été brièvement arrêtés dans la matinée.

 

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