Egypte: l’opposition au président Morsi appelle à une manifestation mardi

Egypte: l’opposition au président Morsi appelle à une manifestation mardi

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Le Front du salut national a posé des conditions préalables à sa participation au second tour du référendum sur le projet de constitution. Les explications de notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti

Laurent Fabius: «Nous avons eu un jugement très positif sur l’action à l’international du président Morsi mais ce qui s’est développé depuis quelques semaines est une grande source de préoccupation… »

D’abord, le Front exige une supervision totale et réelle du référendum assurée par des magistrats. Les observateurs indépendants ont dénoncé l’absence de juges dans de nombreux bureaux électoraux lors du scrutin de samedi. Sept mille plaintes et mille cinq cents procès-verbaux ont été enregistrés contre «une fraude scandaleuse et généralisée lors du vote et du décompte» qui, selon le Front, est pire que sous le régime Moubarak.

Le Front demande que la Haute commission électorale prenne des mesures nécessaires pour éviter la réédition de ces irrégularités. L’opposition exige aussi que la commission électorale examine avec sérieux les demandes déposées par plusieurs ONG de défense de droits de l’homme pour l’annulation du premier tour du référendum. Entretemps, des procès ont été intentés par des défenseurs des droits de l’homme auprès du Conseil d’Etat pour annuler le référendum.

Jeudi prochain, 20 décembre, cela fera un mois qu’ils réoccupent la place Tahrir. Pour les opposants au président Morsi, la victoire probable du «oui» lors de la deuxième convocation du référendum samedi prochain doit être contestée dans la rue, avec les manifestations mais aussi par de nouvelles formes de mobilisation. «C’est qu’il faut faire maintenant, c’est la désobéissance civile, c’est paralyser tout ce qui appartient à l’Etat, c’est arrêter de payer les factures, ne plus travailler, c’est également bloquer les transports publics…», explique ce manifestant à nos envoyés spéciaux Daniel Vallot et Bertrand Haeckler.

Il n’est pas question de baisser la garde et les opposants au président égyptien ont l’intention de poursuivre coûte que coûte leur mobilisation. «On a beaucoup de patience mais on n’est pas passifs. On ne donnera jamais facilement notre pays aux Frères musulmans, parce qu’en fait, ils sont seulement cinq millions et nous, on est quatre-vingt-dix millions. Ils sont une toute petite minorité et on va combattre, Inch Allah ! » veut croire cette jeune femme.

Dimanche soir alors que l’opposition a appelé ses partisans à manifester de nouveau mardi contre le projet de constitution, place Tahrir on se prépare déjà à entrer dans une quatrième semaine de contestation.

 

actu-maroc.com_________________

 

 

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