Egypte: retour de l’opposant Mohamed ElBaradei, arrestation de Frères musulmans

Egypte: retour de l’opposant Mohamed ElBaradei, arrestation de Frères musulmans

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Au moins vingt membres des Frères musulmans, première force d’opposition en Egypte, ont été arrêtés dans la nuit de jeudi à vendredi, a annoncé à l’AFP l’avocat de cette formation, Abdelmoneim Abdel Maqsoud
Principale force de l’opposition, les Frères musulmansont avaient annoncé jeudi qu’ils participeraient aux manifestations « de la colère » prévues vendredi après les prières hebdomadaires. Jusqu’ici ils avaient appuyé du bout des lèvres les manifestations qui ont commencé mardi, laissant à leurs membres le choix d’y participer. Le ministère de l’Intérieur a averti qu’il allait prendre « des mesures décisives » contre les manifestants qui comptent protester vendredi.
« Je suis ici avec l’espoir de continuer à travailler pour un changement ordonné et pacifique », a déclaré M. ElBaradei à son arrivée à l’aéroport, en demandant au pouvoir l’arrêt « de la violence, des détentions et de la torture ». « Si la population veut que je mène la transition, alors je ne la décevrais pas », avait-il déclaré à Vienne avant son départ, en précisant vouloir participer aux nouvelles manifestations qui s’annoncent, selon lui, « massives ».
Les jeunes militants pro-démocratie à l’origine du mouvement, inspiré par la révolte tunisienne qui a chassé du pouvoir le président Zine El Abidine Ben Ali, ont appelé à de nouvelles manifestations après les prières hebdomadaires de vendredi.
La mobilisation a été marquée jeudi par un septième décès, à Cheikh Zouwayed, dans le nord du Sinaï. Un manifestant a été mortellement atteint d’une balle dans la tête lors d’un échange de tirs entre manifestants bédouins armés et forces de sécurité, selon des témoins.
Toujours dans la même ville, la police a été prise pour cible par des tirs de roquettes antichars de type RPG jeudi soir, sans être touchée, ont indiqué des témoins à l’AFP.
A Suez (nord-est), des manifestants ont mis le feu à une caserne de pompiers après avoir lancé des cocktails molotov sur la police, selon un photographe de l’AFP sur place.
A Ismaïliya, au nord de Suez, des accrochages ont opposé plusieurs centaines de manifestants aux forces de l’ordre.
La police était massivement présente toute la journée dans le centre du Caire, qui a connu des manifestations et des heurts mardi et mercredi.
Conséquence des protestations, la Bourse du Caire a accusé une forte chute jeudi, qui l’a contrainte à une suspension provisoire. Elle a clôturé en recul de plus de 10%. La veille, le principal indice EGX 30 avait chuté de 6%.

En outre, les matchs du championnat égyptien de football prévus vendredi et samedi ont été reportés, a annoncé la fédération égyptienne de football.
« C’est un moment critique dans l’histoire de l’Egypte (…) La volonté de changement doit être respectée », a déclaré au Caire M. ElBaradei, l’ancien chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique devenu une figure de l’opposition.
M. ElBaradei ne dispose pas d’un parti reconnu, mais a formé un mouvement, l’Association nationale pour le changement, qui plaide pour des réformes démocratiques et sociales. Il est la plus connue des personnalités d’opposition à soutenir publiquement le mouvement de protestation.
Les Frères musulmans ont pris position jeudi soir et annoncé sur leur site internet leur participation à la journée de contestation prévue vendredi. « Les Frères musulmans participeront aux manifestations de la colère demain vendredi (…) avec toutes les forces nationales et le peuple égyptien », a déclaré dans un communiqué un haut dirigeant de la confrérie, Saad Katatni.
Les manifestations, qui ont débuté mardi, sont les plus importantes depuis l’arrivée au pouvoir en 1981 de M. Moubarak, 82 ans, critiqué notamment pour n’avoir jamais levé l’état d’urgence en place depuis près de 30 ans.

Depuis mardi, cinq manifestants et deux policiers ont été tués et des dizaines de personnes blessées. Selon un responsable des services de sécurité, « au moins mille personnes ont été arrêtées à travers le pays ».

Le président américain Barack Obama a affirmé jeudi que la violence n’était « pas une solution aux problèmes en Egypte », et appelé le gouvernement et les manifestants à faire preuve de retenue.
Tout en qualifiant le président Moubarak de « partenaire important », le porte-parole de la Maison Blanche a affirmé à plusieurs reprises que les Etats-Unis « ne prennent pas parti ».
L’Union européenne et l’ONU avaient appelé le gouvernement égyptien à écouter les demandes du peuple, et Paris à respecter la liberté d’expression.
AFP
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