Egypte: violences contre des médias et partis d’opposition au Caire après une...

Egypte: violences contre des médias et partis d’opposition au Caire après une journée de vote calme

175
0
PARTAGER

Les journalistes ont baptisée cette nuit, la « Nuit de cristal ». Quelque 500 partisans du cheikh salafiste Hazem Salah Abou Ismaïl ont attaqué le siège du journal et du parti libéral Wafd. Une attaque qui a fait de nombreux blessés parmi les journalistes et les forces de sécurité.

La police a indiqué que les agresseurs ont utilisé des armes à feu artisanales tirant des cartouches bourrées de billes d’acier et de clous. Ils ont aussi lancé des cocktails Molotov et tiré des fusées de détresse sur les forces de l’ordre. Le groupe a ensuite attaqué les manifestants de la place Tahrir avant de se replier. Les agresseurs avaient auparavant tenté d’attaquer un autre journal indépendant ainsi que le siège du parti du Courant populaire du socialiste Hamdin Sabbahi.

Des cibles qui ont en commun le fait de s’être opposés aux décrets autoritaristes du président Morsi et au projet de Constitution soutenu par les islamistes. Ces attaques provoquent la colère des opposants qui accusent Mohamed Morsi de ne plus être le président de tous les Egyptiens mais le chef d’une seule faction.

De longues files d’électeurs se sont formées devant les bureaux de vote qui ont dû fermer quatre heures plus tard que prévu, le 15 décembre 2012.

Les bureaux de vote ont fermé à 21 h (TU) après être restés ouverts quatre heures de plus que prévu initialement en raison d’une forte participation. Contrairement à ce que l’on avait pu craindre, il n’y a eu ni violences ni affrontements près des bureaux de vote. Les électeurs ont pu attendre sereinement que leur tour arrive pour mettre leur bulletin dans l’urne.

La police, et surtout l’armée, étaient très visibles ont constaté nos envoyés spéciaux Daniel Vallot et Bertrand Haeckler. Des soldats étant présents à l’extérieur mais aussi à l’intérieur des classes d’école transformées en bureaux de vote.

Si le référendum s’est déroulé dans le calme, des irrégularités ont été rapportées. Selon l’opposition et les observateurs indépendants, tous les moyens de fraude ont été utilisés comme du temps des scrutins sous Moubarak.

Premier grief : les magistrats supervisant le scrutin étaient majoritairement des avocats du Contentieux de l’Etat. De plus, près de 400 magistrats et procureurs étaient en réalité des assistants qui n’avaient pas encore prêté serment.

Il y a eu aussi une présence massive de faux observateurs dont la tâche consistait à influencer les électeurs dans les bureaux de vote. Des dizaines de milliers de permis d’observation ont été accordés à des ONG islamiques créées il y a quelques mois.

En Moyenne Egypte, des villages coptes ont été empêchés de voter par la force tandis que dans le quartier chrétien de Choubra, au Caire, le vote s’est déroulé à la vitesse de la tortue.

Un subterfuge qui était généralisé puisque le referendum s’est déroulé sur un seul jour alors que le scrutin était de deux jours pour chaque tour des présidentielles de juin. Entretemps, il y a eu plus de 500 000 nouveaux électeurs.

Le dépouillement a commencé sitôt les bureaux de vote fermés. Le processus référendaire se poursuivra samedi 22 décembre, date à laquelle la deuxième moitié des électeurs égyptiens sont à leur tour appelés aux urnes.

 

actu-maroc.com_________________

 

 

Commentaires