PARTAGER

C’est devant ses ministres médusés que le chef du gouvernement a enregistré son premier revers et sa première humiliation depuis son arrivée aux affaires le 5 avril dernier.

Même s’il n’a pas été dessaisi officiellement du dossier explosif du Rif, cela ressemble fort à un désaveu après que le roi ait repris la main sur un dossier en déshérence en sanctionnant symboliquement des ministres qui n’ont pas fait leur travail, comme il se doit, et en ordonnant à deux d’entre eux, d’établir un rapport pour déterminer les responsabilités dans le retard pris au niveau des chantiers structurants dans cette région dont on aura jamais autant parlé et qui risque de devenir un cauchemar pour tout le gouvernement.

En fait, El Othmani ne fait que payer les pots cassés laissés par son prédécesseur Abdelilah Benkirane qui ne s’est jamais senti concerné par l’urgence de règlement de cette crise qu’il n’a considéré que sous l’angle électoraliste. Mais ce sont contre les ministres de ce gouvernement, qui exerçaient dans le précédent à la tête de départements concernés que s’est exprimée la colère royale, des ministres du PJD, comme Aziz Rebbah ou Lahcen Daoudi qui ont pourtant joui d’une confiance renouvelée pour rester en fonction. Après la remise au roi du rapport déterminant les responsabilités de chacun, il faudra bien que s’ouvre enfin un débat sur les compétences ou leur manque chez certains membres de ce gouvernement, quitte à les renvoyer au premier remaniement à venir, alors que leur chef, El Othmani,n’est plus que l’ombre de lui-même.

Commentaires