Elizabeth II sur le site d’un massacre orchestré par des Britanniques

Elizabeth II sur le site d’un massacre orchestré par des Britanniques

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La souveraine devait fouler dans l’après-midi la pelouse du stade de Croke Park, à Dublin, temple des sports gaéliques et à ce titre haut lieu de la fierté irlandaise. C’est dans cette enceinte que, le 21 novembre 1920, la police britannique a tiré dans la foule de spectateurs, tuant 14 personnes.

 

Le massacre, un des faits marquants de la guerre qui allait mener à l’indépendance de l’Irlande en 1922, avait été orchestré en représailles à une opération de l’IRA (Armée républicaine irlandaise, catholique sécessionniste), qui avait également fait 14 morts parmi les forces britanniques.

Cette visite « hautement symbolique », selon les mots du vice-Premier ministre irlandais Eamon Gilmore, est interprétée comme une occasion pour la souveraine de présenter les excuses du pays pour les exactions de la colonisation et de cicatriser les blessures laissées par des siècles de conflit. Le déplacement royal, qui dure jusqu’à vendredi, est le premier d’un monarque britannique depuis l’indépendance de l’Irlande.

Dans un autre geste très symbolique, la reine s’est inclinée au premier jour de sa visite mardi devant le monument érigé à Dublin en hommage aux victimes de la guerre d’indépendance.

La portée historique de la visite n’a pas échappé à la presse britannique, qui consacrait une large place à la photo du pied gauche royal se posant sur le sol irlandais à la descente d’avion d’Elizabeth II. « La reine en Irlande: un petit pas… mais un pas de géant dans l’Histoire », résume le quotidien Daily Telegraph, reprenant la formule de Neil Armstrong, quand il est devenu le premier homme à poser le pied sur la Lune en 1969.

Dans un souci d’équilibre, la reine a également souligné l’importance des liens unissant les deux pays en déposant, mercredi midi, une gerbe au mémorial de la Première Guerre mondiale, rendant hommage aux Irlandais morts sous l’uniforme britannique.
« Il s’agit d’une visite exceptionnelle… visant à cicatriser les blessures de passé », a déclaré le Premier ministre britannique David Cameron, peu avant de rejoindre la reine à Dublin.

La venue de la souveraine est accueillie favorablement par 81% des Irlandais, selon un récent sondage. Mais la première journée de la visite royale avait été marquée par une série d’alertes à la bombe, la plupart fausses, imputées à des dissidents séparatistes nord-irlandais continuant à lutter par les armes contre l’autorité britannique sur l’Ulster. Un engin explosif « en état de fonctionnement » a été neutralisé mardi matin dans un car près de Dublin.

La crainte d’attentats de dissidents républicains, qui ont averti que la reine n’était « pas la bienvenue », a entraîné la mise en place du plus important dispositif policier dans l’Histoire de l’île, empêchant quasiment tout accueil populaire dans les rues de Dublin.

Mercredi soir, la reine devait prononcer un discours au château de Dublin, qui ne manquera pas d’être observé à la loupe à la recherche de tout signe de contrition.

Irlande oblige, la reine, âgée de 85 ans, a entamé la journée de mercredi, avec son époux le prince Philip, 89 ans, par une visite de la brasserie Guinness à Dublin. La souveraine s’est fait expliquer le brassage, le temps que se forme la mousse blanche et épaisse d’une pinte qui l’attendait sur le comptoir. Mais le couple ne s’est pas laissé tenter par une gorgée du breuvage couleur ébène.

AFP_______________________

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