Elle droguait les hommes pour les dépouiller

Elle droguait les hommes pour les dépouiller

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«J’ai bu le verre. Je me suis senti très mal, a raconté l’une des victimes aux policiers. Je me suis couché sur un canapé. J’ai voulu me lever mais je suis tombé. » L’homme est incapable de décrire le reste de la soirée. La raison? Il a été drogué par Sylvie. Agée de 38 ans, installée à Evry, cette aide-ménagère était jugée hier par le tribunal correctionnel d’Evry car elle droguait les hommes pour pouvoir les dépouiller.
Elle a été condamnée dans la soirée à deux ans de prison dont six mois avec sursis et maintien en détention.

Quatre Essonniens, habitant Corbeil et Evry, ont ainsi été cambriolés en août et septembre derniers. Trois ont été drogués. Le dernier n’est autre que le compagnon de Sylvie : elle lui avait « emprunté » sa carte bancaire en son absence. Ce n’est pas une première pour cette femme, qui accumule les condamnations pour vols, escroqueries, falsifications de chèques… En janvier 2010, elle avait écopé de trois mois ferme pour avoir drogué un homme à Evry avec des antidépresseurs. L’affaire est en appel.

En août, Sylvie ressort les médicaments pour en assaisonner les verres des hommes qu’elle croise. Elle s’attaque à des connaissances, rencontrées notamment lorsqu’elle était serveuse. Elle leur propose d’aller discuter à leur domicile. Elle a glissé 5 ou 6 comprimés de somnifère dans le verre du premier homme. Les deux suivants ont eu droit à une forte dose d’anxiolytique. Sylvie utilisait ses propres médicaments, des boîtes remboursées par la Sécurité sociale.

La drogueuse d’homme repartait ensuite avec l’argent, les cartes bancaires et les objets précieux. Le préjudice total tourne autour de 5000 €. L’un des hommes a failli perdre son travail. Il était tellement fébrile le lendemain que son patron a cru qu’il avait bu. C’est le commissariat de Corbeil qui est finalement remonté jusqu’à la demoiselle. Quand les policiers l’ont interpellée, lundi, ils ont retrouvé dans son sac une bouteille d’anxiolytique prête à l’emploi.

Engoncée dans sa grosse doudoune, Sylvie a les cheveux bouclés et courts, le menton en avant et un visage sans attrait. Dans le box des prévenus, elle reconnaît les faits et regrette. « Avant, je n’avais pas de situation stable. » Sans travail au moment des faits, elle vivait du revenu de solidarité active (RSA). Evoquant les surdosages des médicaments, la présidente du tribunal demande : « Vous n’avez pas craint qu’il ne se réveille pas? » Haussement de sourcils de Sylvie : « Je n’ai pas fait attention. » « Nous ne sommes au final en présence que de vols », a minimisé Me Alain Buysse, son avocat.

Plutôt âgées, les quatre victimes étaient présentes hier. Aucun n’a voulu accabler la jeune femme. Le compagnon de Sylvie a retiré sa plainte. Les autres ont simplement demandé à être remboursés. « Je veux juste les 900 € qu’elle m’a pris », a affirmé l’un des hommes, ajoutant cependant, avec un petit sourire : « Elle a quand même failli me tuer. »

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