En Chine, l’attitude de Pékin sur la Syrie critiquée par les internautes

En Chine, l’attitude de Pékin sur la Syrie critiquée par les internautes

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Marie Colvin et son bandeau noir, Rémi Ochlik appareil photo à la main, les images des deux correspondants de guerre tués à Homs sont partout sur le web chinois ce vendredi matin. Avec des questions : « Depuis l’assassinat des journalistes, je me demande si Pékin a choisi la bonne option ? ». Des critiques aussi : « Je suis ému par ces journalistes qui cherchent la vérité, j’ai honte de certains pays qui ont voté contre une intervention de l’ONU ». De la révolte enfin devant cette vidéo insoutenable d’un adolescent syrien, visage arraché par un éclat d’obus, vue ce vendredi matin 192 000 fois sur le serveur Youku.

La parole officielle

Cette marée de commentaires ne reflète évidement que l’avis d’une minorité d’internautes qui prêchent dans le désert de la parole officielle. « Si l’administration Assad s’accroche, les chances d’une négociation pacifique augmenteront », affirme ainsi sans broncher l’éditorialiste du très nationaliste Huanqiu Shibao qui qualifie la rencontre de Tunis de « réunion des amis de l’opposition Syrienne ». CCTV a une position plus modérée. La chaîne de télévision d’Etat reprend la vidéo du grand reporter  du Figaro, Edith Bouvier, blessée à Homs.

Mais pour affirmer ensuite : « Le ministère syrien de la communication a déjà délivré plus de 200 autorisations aux journalistes étrangers (…) et s’engage à faciliter le travail des journalistes qui respectent les règlements. »

Des voix s’élèvent dans les rédactions

Ce message n’est d’ailleurs pas étranger aux oreilles chinoises. Pékin l’emploie régulièrement lors des tensions dans les régions à minorité tibétaine ou au début des révoltes arabes. « La Chine demande aux journalistes étrangers de respecter les règlements chinois et promet de faciliter leur travail », affirmait ainsi le ministre chinois des Affaires étrangères Yang Jiechi en mars dernier.

Un discours qui a toutefois de plus en plus de mal à passer au sein des rédactions. Des voix s’élèvent désormais sur les weibos (tweeter à la chinoise), sans même se dissimuler derrière des pseudos : « Bachar el-Assad a perdu la tête, comment ose-t-il tuer des journalistes ? », s’interroge par exemple Xie Yiqiu.

La Chine et la Russie, ces deux pays absents de la conférence deTunis vont se retrouver de plus en plus isolées, poursuit le vice-directeur exécutif du Nanfeng Chuang, magazine très influent du Sud de la Chine. « En tant que journaliste et devant les confrères morts en Syrie, j’ai honte (ndlr de la « non-ingérence » de la Chine) et tous les journalistes chinois doivent ressentir la même chose », ajoute Zhang Yong, journaliste dans la province du Hubei.

 

rfi.fr_______________

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