En Grèce, toujours pas d’accord sur le nouveau plan de rigueur

En Grèce, toujours pas d’accord sur le nouveau plan de rigueur

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Après trois semaines d’âpres négociations, on en sait un peu plus sur cette nouvelle cure d’austérité imposée aux Grecs. Le gouvernement prévoit ainsi de supprimer 15 000 nouveaux postes dans la fonction publique. Le salaire minimum devrait être amputé de 22% pour être ramené à environ 586 euros brut sur 14 mois. Des coupes budgétaires de plus de trois milliards d’euros sont également prévues ainsi que des baisses de salaire dans les entreprises d’intérêt public. Mais ce qui bloque aujourd’hui, c’est le financement des retraites complémentaires pour lesquelles les principaux créanciers de la Grèce exigent une diminution de 15%.

Ces mesures impopulaires sont dénoncées aussi bien par les salariés que par le secteur privé. Pour l’économiste grecque Valia Aranitou, directrice de l’Institut de recherche de la Confédération hellénique du commerce, « ces mesures sont inefficaces car elles sont très sévères et vont créer plus d’austérité et donc plus de chômage ». Une mesure est particulièrement dénoncée, celle qui frappe le salaire minimum grec. « Une baisse du salaire minimum ne va pas apporter plus de compétitivité car nous sommes un pays qui exporte très peu », dénonce ainsi Valia Aranitou. Selon elle, « cette diminution des revenus va d’abord toucher la consommation sur le marché intérieur et donc frapper durement les entreprises locales ». Des arguments auxquels le Fonds monétaire international et l’Union européenne, les deux principaux créanciers institutionnels d’Athènes, sont restés totalement sourds.

Eviter à tout prix le défaut de paiement

La Grèce est donc condamnée à adopter de nouvelles mesures de rigueur en échange du soutien financier de ses partenaires européens et du FMI. Le pays n’a pas le choix s’il veut éviter un défaut de paiement. Athènes doit en effet rembourser un prêt de 14 milliards et demi d’euros qui arrive à échéance le 20 mars prochain.

Cette nouvelle cure d’austérité, imposée par les bailleurs de fonds de la Grèce, ne signifie toutefois pas que le pays n’a pas respecté les engagements pris pour redresser son économie. Au contraire, la Grèce a fait énormément d’efforts en ce qui concerne notamment la réduction de son déficit. En 2010, il a ainsi été abaissé de 5% du Produit intérieur brut, ce qui est considérable en période de récession. Mais pour Céline Antonin, l’erreur de la Grèce a été de trop axer ses réformes sur la réduction des dépenses et pas assez sur les recettes. Cette économiste de l’OFCE, l’Office français des conjonctures économiques, pointe ainsi « les problèmes d’évasion fiscale, l’incapacité du gouvernement à taxer certains revenus et surtout les problèmes de collecte d’impôts ». Selon elle, « la Grèce doit également faire des efforts dans le dossier des privatisations dont le bilan reste très modeste alors que l’on attendait, pour 2015, cinquante milliards d’euros de privatisations ».

La Grèce va donc devoir faire de nouveaux sacrifices, d’autant plus que la menace d’une sortie de la zone euro n’est désormais plus taboue. Plusieurs responsables européens ont ouvertement évoqué ce scénario qui aurait pourtant des conséquences désastreuses sur la monnaie unique. Car si une faillite de la Grèce peut être supportée par le secteur bancaire européen qui a renforcé ses fonds propres, le risque d’une contagion à d’autres pays fragiles de la zone euro est toujours bien présent.

Et c’est là toute la limite de l’exercice comme l’explique Laurent Boudoin. Il est directeur général de Stelphia Asset management, une société de gestion d’actifs

Une réunion des ministres des Finances de la zone euro est justement convoquée en fin d’après-midi à Bruxelles pour définir les grandes lignes de ce plan de sauvetage de 130 millards d’euros.

 

rfi.fr_______________

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