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Enfin, un gouvernement ! après six mois de tergiversations, de ressentiments et, surtout, de retard pénalisant sur tous les plans.
Mais il vaut mieux tard que jamais, surtout qu’on commençait réellement à craindre un enlisement aux conséquences incertaines.
L’ennuyeux épisode du blocage relève désormais du passé et c’est au regard de l’action du gouvernement El Othmani et de son rendu sur le terrain que l’on aura des réponses aux interrogations inspirées par la configuration même de la nouvelle équipe.
Le nouvel Exécutif répond-il aux critères déclinés dans le discours royal de Dakar du 6 novembre 2016 ? Traduira-t-il l’exigence de l’efficacité malgré son caractère pléthorique ? Sa formation a-t-elle été une simple affaire d’arithmétique et de satisfaction des caprices des partis politiques ou, au contraire, a-t-on observé scrupuleusement les exigences de l’étape que traverse le pays ? En d’autres termes, ce gouvernement rendra-t-il l’image d’une structure efficace et harmonieuse, dotée d’un programme clair et adapté aux priorités, avec des attributions départementales bien définies à même de prendre convenablement en charge les questions internes et externes et d’aplanir les difficultés ?
Ces questions auront leurs réponses au fur et à mesure de la mise oeuvre de l’action gouvernementale. Pour le moment, la première
priorité du gouvernement devrait être le rattrapage du temps perdu induit par la vacance des six derniers mois.
La bonne gestion des prochains jours est donc primordiale au regard des urgences. Outre le passage obligé de l’obtention du vote de confiance du Parlement dès l’ouverture de la session du printemps prévue le 14 avril et qui exige donc la finalisation rapide de la déclaration gouvernementale et du programme pour les cinq années de mandat, se présente à l’Exécutif la nécessaire adoption du projet de Loi de Finances 2017 demeuré en souffrance depuis le 20 octobre dernier, faute d’être discuté et adopté en raison du blocage gouvernemental. Du choix du nouvel exécutif dépendront en tout cas les choses puisque la réglementation permet, soit de maintenir le projet de Loi de finances tel qu’il a été déposé la première fois, soit le retirer pour en proposer un autre. Mais au regard du retard pénalisant déjà enregistré, c’est l’option du maintien du texte initial qui, de l’avis général, devrait être privilégiée avec l’introduction de quelques amendements lors de la discussion du texte.
Après ces deux étapes et en dehors des priorités qui sont habituellement celles de tout gouvernement fraîchement mis en place, l’équipe El Othmani va devoir, sans trop tarder, prendre le taureau de la question sociale par les cornes du fait du maigre bilan du dialogue social du gouvernement Benkirane et des attentes pressentes des secteurs sociaux qui ont déjà annoncé des séries de grèves et qui sont sur le qui-vive.
L’heure est donc à l’action immédiate pour Saâd-Eddine El Othmani et son équipe qui n’ont d’autre choix que de démontrer que malgré la
complexité qui accompagne toujours la formation d’un gouvernement de coalition dans un système électoral qui ne favorise guère l’éclosion d’une majorité nette, accomplir convenablement la mission est à la portée si la volonté de servir l’intérêt général l’emporte réellement sur toute autre considération.

Par Jamal HAJJAM

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