Enquête judiciaire sur l’argent de la mosquée de Nanterre

Enquête judiciaire sur l’argent de la mosquée de Nanterre

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Des fonds publics provenant de l’Etablissement public d’aménagement de La Défense Seine-Arche (Epasa) et débloqués dans le cadre du montage financier élaboré pour l’édification du nouveau lieu de culte.

Ouvriers et fournisseurs n’étant plus payés, le chantier est suspendu depuis juin. Le parquet de Nanterre devrait ouvrir dans les tout prochains jours une enquête préliminaire.

Si l’Etablissement public participe à hauteur de 1 M€ au financement de la mosquée Emir-Abdelkader, dont le coût global s’élève à 3,5 M€, c’est en échange du terrain qu’occupe actuellement le lieu de culte, au 38, avenue de la République. L’Epasa prévoit d’y construire un supermarché et des logements sociaux. Aussi, selon un protocole signé avec l’association gérant la mosquée, l’Association islamique des religieux de Nanterre (AIRN), directement liée à Novolis, l’Epasa doit verser ce million par tranche au gré des étapes du chantier. Quatre cent quatre-vingt mille euros ont ainsi été remis à l’association pour la réalisation des fondations et du gros œuvre.

Mais plusieurs dizaines de milliers d’euros se seraient régulièrement évaporés pendant le transfert entre l’AIRN et Novolis. Ces dernières semaines, l’AIRN a compilé factures et justificatifs remis à l’Epasa, qui entend s’assurer de la bonne utilisation des fonds. L’AIRN souhaite, de son côté, « démontrer qu’elle a été victime d’une machination », souffle-t-on à l’Epasa.

Deux cent mille euros versés par l’établissement public à l’automne dernier se seraient par ailleurs envolés vers un compte offshore à Chypre, où ceux qui pourraient être prochainement interrogés par les enquêteurs se seraient justement rendus, selon un proche de l’affaire. Il s’agit, entre autres, du cheikh Mohamed Boudjedi et de Richard Lejoyeux, alias Abdel Ghani depuis sa conversion à l’islam.

Figure incontournable de l’islam dans les Hauts-de-Seine, le premier préside l’AIRN. Il a participé, il y a plus de trente ans, à la création de la mosquée de l’avenue de la République à Nanterre, la première du département à avoir été dotée d’un minaret. Interlocuteur privilégié des autorités départementales, le cheikh Boudjedi est aussi un personnage contesté, accusé par certains de tirer profit de sa fonction.

Richard Lejoyeux ne devrait pas non plus échapper aux questions des enquêteurs. Personnalité de la communauté musulmane des Hauts-de-Seine, il a fondé la Coordination islamique du 92. Et c’est lui qui est le maître d’ouvrage du chantier pour le compte de l’AIRN. C’est aussi par son entremise que Novolis, opportunément créé en septembre 2009 pour démarrer le chantier, s’est vu attribuer le marché de construction.

Tacim Soysuren, dans le collimateur de la justice depuis des années pour divers abus de biens sociaux, faux, travail clandestin, en est le directeur général. Il aurait quitté la région parisienne, voire la France, quand les soupçons de malversations ont été révélés.

Source : Le Parisien, Valérie Mahaut | 30.08.2010

 

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