Enquête sur les jeunes marocains d’Europe

Enquête sur les jeunes marocains d’Europe

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L’enquête, réalisée à la demande du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME) et du ministère chargé de la communauté marocaine résidant à l’étranger, a été réalisée avec des jeunes marocains en France, en Belgique, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Italie et en Espagne, dont l’age va de 18 à 34 ans. Elle a révélé que 94% des jeunes qui se sont soumis au sondage téléphonique se sentent toujours Marocains, 82% se sentent vus comme Marocains dans le pays hôte tandis que 28 % préfèrent faire oublier leur origine pour s’y faire accepter.

 

La pratique de la langue d’origine est l’autre élément qui a partagé l’avis des jeunes sondés : 93% ont avoué pratiquer plus ou moins bien la langue arabe dont 50% savent la parler, la lire et l’écrire. Tandis que 31% des jeunes qui ont suivi des cours de langue arabe en Europe déclarent l’avoir fait dans une mosquée. 25% l’ont appris à l’école dans le cadre des cours assurés par le gouvernement marocain et 13% dans une association. La langue étrangère reste largement avantagée chez ces jeunes avec 99% des jeunes natifs d’Europe qui communiquent dans la langue du pays de résidence. Des statistiques qui indiquent un attachement marqué à la langue d’origine malgré la pratique majoritaire de la langue du pays de résidence.

Par ailleurs, l’identification à la seconde nationalité concerne 66% des natifs d’Europe qui ne renient par pour autant leur marocanité. En outre, 83% des natifs d’Europe se sentent  »tout à fait » ou  »plutôt » chez eux là où ils vivent.
L’engagement politique a été à l’ordre du jour du sondage qui révèle ainsi que 53% des sondés en âge de voter déclarent participer aux élections dans leur pays de résidence, quoique participant peu aux mouvements politiques (4% contre 20% dans les associations sportives et 9% dans les associations religieuses). Des chiffres, comme le signale l’enquête, démontrent une implication patriotique réelle de ces jeunes, malgré le sentiment général de discrimination, (53% de cas) en hausse depuis 2009. Ainsi, 38% de ces discriminations concernent le milieu du travail, 32% pour l’embauche contre 13% de cas relatifs à la religion et 14% à l’éducation.  L’origine serait la cause du manque d’embauche selon les sondés (75%) et du problème de logement (60 %).
Les soins médicaux feraient moins de malheureux (19%) ainsi que l’accès à la formation et au crédit bancaire (33%).
Quant à l’engagement religieux des jeunes sondés, 36% déclarent fréquenter régulièrement une mosquée, dont 9% quotidiennement et 27% une fois par semaine.
L’attachement au pays est encore omniprésent malgré la parfaite intégration dans le pays d’accueil. Ainsi, des 97% des sondés qui déclarent se rendre au Maroc, 69% le font régulièrement quand ils ne se heurtent pas à des empêchements majeurs.

Les résultats de l’enquête laissent voir deux enseignements de taille: d’abord un sentiment «d’identité duale marqué pour les deuxièmes générations» comme l’a déclaré M. Gaël Sliman, directeur général adjoint de BVA. Les jeunes marocains résidant en Europe sont à cheval entre leur pays d’accueil et leur pays natal avec lequel ils gardent un lien assez fort. Ils se sentent à la fois Marocains et européens, malgré le déracinement dont souffrent certains qui se sentent vus comme des Marocains en France avec tous les désagréments qu’une telle situation suppose.

L’enquête a été réalisée à la demande du ministère délégué chargé de la communauté marocaine résidant à l’étranger et du CCME en préparation du 1er Forum des Jeunes marocains du monde (27 et 28 juillet 2010 à Ifrane).

M. A.

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